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Première partie.
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ÉPOQUE FABULEUSE. — l’ANIMISME DANS LE CIEL.

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d’environ quarante degrés, ce qui donna aux vainqueurs deux heures etdemie pour achever leur triomphe *.

On était alors, dira-t-on, dans l’âge de l’astronomie fabuleuse ; mais cetteastronomie n’est pas tout entière dans les temps reculés. Nous, modernes,qui nous croyons si sûrs de nos jugements et si inaccessibles aux illusions,n’avons-nous pas, écrite dans nos annales, l’assertion de nos historiens que,le 2L avril 15-47, le Soleil s’est arrêté sur notre horizon pour donner auxtroupes de Charles Quint le temps d’achever la défaite de l’électeur de Saxesur le champ de bataille de Schmalkalde i 2 ? Ce n’est pas un dire isolé. Letémoignage est unanime des auteurs qui, étant contemporains de l’événement,devaient le mieux savoir. Le fait se présente avec des caractères si positifs etsi imposants qu’il faudrait l’admettre, s’il n’était contredit par la parfaitecontinuité du mouvement solaire, avant et après cette date, résultant desobservations des astronomes du temps. Qu’on nous parle ensuite des progrèsde la faculté d’observer, en dehors de ceux qui l’ont cultivée professionnel-lement, et qu’on nie la continuation des phases d’ignorance à travers lesphases supérieures de développement!

, Dans les idées de la spontanéité des astres, les éclipses se produisaientaussi d’une manière arbitraire; il y en avait pour ainsi dire à volonté, poursignaler les événements les plus importants de l’histoire. Une éclipse deSoleil, par exemple, avait marqué la mort de Romuius 5 . Il y a d’autantplus de miracles qu’on connaît moins les conditions auxquelles il faudraitsatisfaire pour les accomplir.

L’astrolâtrie. — A l’époque où l’imagination n’est pas encore séparée del’observation, la religion ne l’est pas non plus de la science. C’est un âge unpeu confus, où rien ne se détache clairement. Aussi trouve-t-on une phasethéocratique dans l’enfance de presque toutes les sociétés. Mais à mesure quela connaissance se fonde sur la base plus solide de l’expérience, l’imaginationest rejetée au second plan, et en même temps les vieilles croyances fabuleusesperdent de leur empire. C’est ce qui a fait dire que la religion est plus propreà commencer l’éducation d’un peuple qu’â l’achever.

Au moment où l’uranographie se complète, où toutes les grandes planètessont enfin connues, la religion consiste dans l’astrolâtrie. La personnification

i Gaubil, dans Lettres édifiantes, t. XXVI, édit. 1783, p. 243. — 2 Von Zach , Monatliche

Correspondenz, vol. XII, 1803, p. 193. — 3 Plutarchus , De vita Romuli, cap. 49; De

fortuna Romanorum, cap. 12.