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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE IV.

Psammelichus avait permis à des Cariens et à des Ioniens de s’y établir.Indépendamment de ces immigrations, le commerce à distance avait tenuune place importante dans des temps beaucoup plus anciens. Trente sièclesavant notre ère les Égyptiens étaient à l’âge du bronze, et pour obtenirl’étain qu’ils alliaient au cuivre des mines de Ouadi-Magara ', il leur fallaitdes relations soit avec l’Espagne, soit avec le Caucase ou l’Inde . Mais leurscommunications allaient encore plus loin. On retrouve dans les catacombes deThèbes, notamment dans des tombeaux du temps des Pharaons , des vases etdes coupes de porcelaine chinoise, portant des caractères chinois. Ces objetsavaient contenu, selon toute apparence, des produits exotiques provenant del’extrême Orient. Leur présence prouve le développement des rapports com-merciaux dans une antiquité fort reculée.

En retour, les Chinois avaient tiré de l’Assyrie et de l’Égypte des connais-sances qu’ils ont encore, et qui portent en elles-mêmes les traces excessivementanciennes de leur origine. Ils conservent, par exemple, la description dudattier, tiao-lchy des Àraméens, d’après les livres assyriens, et malgrél’absence de cet arbre dans l’Orient de l’Asie; ils connaissent encore sous sonnom antique de hiûen un des glaïeuls du delta du Nil, le népentbès d’Homère ,qui guérit la tristesse et fait oublier le pays natal i 2 . Nous savons d’ailleursque dans les premiers siècles de notre ère, les Chinois fréquentaient les côtesde l’Arabie et de l’Égypte , et qu’au VII e siècle ils avaient envoyé une ambas-sade à La Mecque . Au II e siècle, ils avaient reçu des agents diplomatiques deMarc-Aurèle , qui avaient débarqué par le Tonkin 3 .

Ce n’est pas dans la plus liante antiquité historique ou même antéhislo-rique, mais plutôt à une époque plus rapprochée de nous, que les grandescivilisations, surtout celles de l’Orient, se sont tenues à l’écart les unes desautres. Le voyage dans l’Inde du pèlerin bouddhiste chinois Hiuan-Thsang 4 ,qui se place au milieu du VII e siècle, fait voir qu’à celte époque les commu-nications entre les deux contrées étaient devenues rares. Les peuples civilisésde l’Asie se renfermaient et ont continué à se renfermer de plus en plusdans une sorte d’isolement national. Au VIII e siècle, on regardait, à Bagdad ,comme une sorte d’événement l’arrivée d’un savant hindou. Le califeAlmansor qui régnait alors, et qui aimait l’astronomie, avait encouragé leshommes de science de sa capitale à se mettre en rapport avec lui 5 .

i Dans la presqu’île de Sinaï. — 2 Comptes rendus de l’Académie des sciences [de Paris ],

t. XXXVI, 1853, p. 153, 500. — 3 Kluproth, Tableaux historiques de l’Asie , 1820, p. 69.—

■t S. Julien, Histoire de la vie et des ouvrages de Hiouen-Thsang, 1853. — 3 En 772. Voyez

Casiri, Bibliotheca arabico-hispana, vol. 1, 1700, p. 427 et suiv.; comparez Giklemeister,

Scriptorum arabum de rebus indicis, 1838, p. x et 106.