ÉPOQUE EMPIRIQUE. - LES PREMIÈRES DÉDUCTIONS.
183
pointement qui s’emparait de la cour quand une éclipse prédite n’arrivaitpas : tous les préparatifs officiels 1 avaient été faits inutilement. D’autre part,si l’un de ces événements se produisait inopinément sans que les astronomesl’eussent annoncé, on était pris au dépourvu et les cérémonies s’accomplis-saient dans un vrai désordre. En 721, le bonze Y-liang faillit payer de savie la prédiction qu’il avait faite de deux éclipses qui ne se réalisèrent pas.Au — XXII e siècle, les astronomes Hi et Ho avaient été mis à mort pouravoir failli à annoncer une grande éclipse de Soleil qui avait surpris toutle monde.
En Grèce , la période écliptique de 18 ans était attribuée, non seulementpar Ptolémée 2 , mais déjà par Geminus 3 , à « d’anciens » mathématiciens.On la faisait de 6 585 jours, qu’on supposait contenir exactement 223 lunai-sons, 239 révolutions anomalistiques, 242 révolutions draconitiques et 241révolutions sidérales de la Lune . Pour avoir un nombre entier de jours, il suf-fisait de tripler la période; on obtenait ainsi Yexeligmos ou déroulement, de19 756 jours L Mais Hipparque savait que tous ces rapports ne sont qu’ap-prochés, et selon lui, pour avoir une relation sensiblement exacte, il fallaitporter la durée à 126 007 jours et 1 heure, qui contenaient à bien peuprès 4 267 lunaisons, 4 573 révolutions anomalistiques et 4 612 révolutionssidérales 5 .
Oppert a fait connaître que dans les inscriptions assyriennes du roi Sargon 6 ,il est question d’un cycle de 1805 ans, qui ramène la Lune presque identi-quement aux syzygies et aux nœuds, avec un seul jour de différence enanomalie. L’un de ces cycles s’est terminé en l’an — 711 7 . Si l'on avait dûreconnaître cette période par l’inspection des observations d’éclipses, il fau-drait convenir que l’enregistrement continu et régulier de ces phénomènesremontait en Chaldée à bien des milliers d’années. Mais il est plus probableque les astronomes assyriens y étaient arrivés, comme Hipparque à son grandcycle, et comme nous ferions aujourd’hui, par la connaissance et la compa-raison des durées des révoltitions.
Explication des éclipses. —■ L’emploi du saros par les astronomes deBabylone ne permet guère de douter que, dès l’origine des écoles philoso-phiques des Grecs, l’explication des éclipses n’eût été une de leurs premières