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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE VI.

étaient plus avancés, avaient su rapporter scientifiquement les éclipses àl’interposition de l’un des trois corps qui sont en jeu. Les Assyriens, lesÉgyptiens, les Chinois , les Hindous avaient cette connaissance, dans destemps que nous appelons fort reculés. Les Aztèques eux-mêmes le soupçon-naient à l’époque de la découverte du Nouveau Monde. Les Égyptiens nonseulement savaient la cause des éclipses, mais réussissaient à annoncer leséclipses de Lune, et sans trop d’inexactitude celles de Soleil ’.

La période de 18 ans, appelée quelquefois saros, avait conduit, mais nonsans quelque difficulté, à prévoir les retours de ces phénomènes. Un relevédes éclipses qu’on avait observées pendant une longue suite d’années devaitamener à découvrir qu’au bout de 223 lunaisons, ou à bien peu près de6 585 4 jours, les éclipses de Lune revenaient dans le même ordre, auxmêmes intervalles et à peu près de la même grandeur. Mais la différencede 8 heures, plaçant l’astre dans une autre situation par rapport à l’horizon,dérobait des éclipses qui avaient été notées pendant la période précédenteet, d’autre part, en rendait visibles un certain nombre qui n’avaient pu êtreaperçues dans la série antérieure. La découverte de cette périodicité exigeaitdonc plus de sagacité et une plus longue expérience qu’on ne se le figureraitau premier abord.

Quant aux éclipses de Soleil , celles mêmes qui se représentaient arrivaientà une heure différente de la journée; la hauteur des astres et la parallaxeétaient changées, d’où résultaient des différences considérables dans la gran-deur et dans la durée. Parfois même la parallaxe suffisait pour faire man-quer l’éclipse, ou pour la produire, au contraire, tandis qu’à la série précédentele Soleil n’avait pas été échancré. Ces différences devaient paraître inexplica-bles. Aussi les astronomes babyloniens ne se hasardaient-ils pas à prédireles éclipses de Soleil ; ils se bornaient à surveiller l’astre lors des passages dela Lune par les nœuds.

Une longue suite d’observations, analysées avec intelligence, avait conduitaussi les Chinois à reconnaître une certaine loi de récurrence dans les éclipses.Mais la période de 18 ans ne pouvait servir qu’à la condition de continuertoujours à prendre note de ces phénomènes et de corriger l’écart d’après lesheures observées de période en période. On voit dans le Tclnin-tsieou deConfucius que dès le — YlII e siècle les Chinois s’efforcaient de calculerles éclipses de Soleil . Cependant au -|- XIII e siècle, Ko-cheou-king, le plushabile astronome qu’ils eussent alors, se trompait encore dans la prédictionde ces phénomènes. Les écrivains chinois nous font comprendre le désap-

i Diodonts Siculus, Bibliotheca historica, ]ib. i, cap. oO.