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Première partie.
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ÉPOQUE EMPIRIQUE.

I.ES PREMIÈRES DÉDUCTIONS.

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que dépendaient les aspects du ciel et les éclipses. Mais il était certain queles distances de la Lune et du Soleil à notre globe ne variaient pas, enréalité, autant que la théorie des épicvcles l’eût exigé. La mesure d’une deces distances, à quelque instant qu’elle fût exécutée, devait donc donnerune idée exacte de l’éloignement dans lequel l’astre circule autour de nous,et par suite des dimensions de l’espace occupé par les corps célestes.

Mais comment effectuer cette mesure? Au — III e siècle, Arislarque deSarnos pensa qu’il lui serait possible de déterminer, sinon les distances abso-lues du Soleil et de la Lune , au moins leurs distances relatives 1 . Lorsquela Lune est exactement en quadrature avec le Soleil, instant qu’il est faciled’assigner soit d’après le jour et l’heure, soit directement par la position del’astre dans le ciel, le terminateur de la phase doit différer d’autant plusd’un diamètre que le Soleil est plus rapproché. La dichotomie ne coïncide-rait avec la quadrature qu’aulant que le Soleil fût à l’infini. En fait, la dicho-tomie précède la première quadrature, lorsque la Lune a encore un petitangle à parcourir dans son orbite, avant d’arriver à 90° du Soleil. Dans ledécours, la différence est en sens contraire.

L’idée était certainement ingénieuse; mais le Soleil est tellement loinrelativement à la Lune que la différence à mesurer est à peine sensible.L’angle ne s’élève en réalité qu’à 9'. Aristarque trouva 3°, ce qui placerait leSoleil à 19 fois seulement la distance de la Lune , tandis qu’il est près de4-00 fois plus éloigné de nous que notre satellite.

Les instruments imparfaits dont on commençait à se servir tendaientd’ailleurs à forcer les conclusions d’Aristarque , en reculant le Soleil de plusen plus. On pouvait reconnaître pour la Lune un certain déplacement paral-lactique, qu’il était encore impossible de mesurer exactement, mais pour leSoleil on n’en trouvait plus de traces, ce qui attestait l’énormité de sonéloignement.

Dans cet état de la question, Hipparque crut apercevoir dans les éclipsesde Lune un moyen d’assigner la distance de cet astre à la Terre , dont lediamètre serait pris pour unité de mesure " 2 . Si le Soleil, disait-il, est à unedistance immense, on pourra, sans erreur sensible, tracer le cône d’ombre dela Terre , comme si l’astre éclairant était à l’infini. Cela revient simplement àadmettre que le diamètre apparent du Soleil, tel qu’on le verrait de la Lune en opposition, ne diffère pas de celui qu’on lui voit de la Terre au mêmemoment, et cette hypothèse s’écarte en effet fort peu de la vérité. Le cône

1 Aristarchns Samius, De magnitudinibus et distantiis Solis et Lunae, prop. 7. —

2 Ptolemaeus , Magna conipositio, lib. v, cap. 1.