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Première partie.
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INTRODUCTION. - CHAPITRE VI.

Aristarque, Archimède, Hipparque, Posidonius, Ptolémée s’accordaient à leregarder comme d’nn volume supérieur à celui de la Terre ; mais ils variaientconsidérablement sur le chiffre. Anaxagoras , qui avait été l’un des premiers,parmi les Grecs, à hasarder une appréciation, s’était borné modestement àreprésenter le Soleil comme une pierre enflammée, comparable par ses dimen-sions au Péloponèse . Mais un immense cri de réprobation, une fougueuse accu-sation d’impiété s’élevèrent aussitôt contre cette conception matérialiste, quijetait à bas de son char le dieu Apollon . Dès qu’une idée nouvelle se produit,les préjugé; s’écrient que la religion est attaquée, et chaque progrès de lascience vient en effet corriger et souvent transformer les opinions préexis-tantes. Anaxagoras dut la vie à la protection de Périclès , alors tout puissantà Athènes , qui facilita son évasion *.

Il restait, d’ailleurs, dans les phénomènes du ciel, même après que leséclipses eurent été expliquées, bien des sujets de surprise et d’étonnement.De temps à autre paraissaient des comètes flamboyantes d’un aspect terrible.Ces corps ne trouvaient pas de place dans le système sidéral tel qu’on se lereprésentait. Ils ne paraissaient pas se mouvoir, comme les planètes ou lesétoiles, suivant des cercles. Aussi les regarda-t-on longtemps pour desmétéores, appartenant aux régions de notre atmosphère. Cependant on nepouvait pas méconnaître qu’ils participaient du mouvement diurne. Aristote a décrit le cours de la comète de — 370, avec assez de précision pour per-mettre à Pingré d'en calculer l’orbite. Il paraît môme (pie les Cbaldéensavaient l’idée que certaines comètes étaient périodiques i 2 . C’est probable-ment de cette source que les pythagoriciens, qui n’avaient pas fait par eux-mêmes de séries prolongées d’observations propres à établir un fait de celleespèce, avaient pris la même opinion 3 . C’est d’ailleurs aux Cbaldéens qu’Apol-lonius de Mynde fait remonter les idées cosmologiques de Pythagore .

Pluralité des mondes. — Mais sans s’arrêter aux apparitions passagèreset irrégulières des comètes, on avait acquis assez de connaissances sur lescorps célestes pour s’intéresser aux conditions dans lesquelles ces globesexistaient. Puisqu’ils étaient comparables à la Terre par leur volume, fallait-ilvoir en eux des mondes de la même nature que celui que nous habitons?Chez les Grecs, Orphée fut, dit-on, le premier qui parla de la pluralité des

i Plutarchus , De vita Periclei, cap. 50; De superstitione, cap. 26. —2 Seneca, Quaes-

tiones naturales, lib. vu, cap. 3. — 3 Aristoteles, Meteorologica , lib. i, cap. 6; Plutarchus,

De placitis philosophorum, lib. iii, cap. 2.