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Première partie.
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ÉPOQUE EMPIRIQUE. - LES PREMIÈRES DÉDUCTIONS.

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globes habitables b Héraclides et tous les pythagoriciens regardaient chaqueétoile comme un monde distinct, ayant son Soleil , ses planètes, une atmo-sphère, et un éther pour soutenir tout ce système 2 . Démocrite et Épicure enseignaient aussi la pluralité des mondes 3 et Plutarque ne voyait rien dedéraisonnable dans cette pensée A

La Lune , dont on connaissait plus sûrement que pour tout autre corps lesdimensions et la distance, était, à ce point de vue, le principal objet de préoc-cupation. Les pythagoriciens la croyaient habitée. Ils y plaçaient des animauxplus grands que les nôtres, plus dégagés des besoins matériels, et des plantesd’une plus grande beauté A Anaxagoras pensait que la Lune est une autreTerre * * 6 .

On voit donc que la question de l'habitabilité de notre satellite, et parsuite de la pluralité des mondes, n’avait pas effrayé les esprits les plus indé-pendants de l’antiquité. D’où seraient venues les pierres qui tombaient duciel, s’il n’eût pas existé d’autres globes, faits comme celui que nous habi-tons? Mais il y a plus : des erreurs populaires favorisaient l’essor des spécu-lations. On prétendait qu’un jour il était tombé un lion dans le Péloponèse .Ce lion ne serait-il pas venu du monde lunaire 7 ?

Non seulement tous ces globes habitables avaient chacun leur âme intel-ligente qui les dirigeait 8 , mais l’ensemble était inspiré par une sorte d’âmeuniverselle. Plutarque va jusqu’à comparer l’univers à un animal vivant 9 ,devançant ainsi la célèbre expression d’Alexandre de Humboldt : « Ein leben-diges Ganzes, » un tout qui est doué de vie.

La précession et les grandes périodes. — Comment d’ailleurs n’aurait-onpas songé à une espèce d’évolution, comme celle dont les êtres organisésnous donnent le spectacle, lorsqu’on avait partout l’exemple de longuescourses fournies par les astres, d’après un plan déterminé? Ce n’étaient passeulement les planètes qui suivaient une marche propre. On découvrit que lasphère étoilée tout entière a son mouvement séculaire, empreint d’une solen-nelle majesté.

1 Plutarehus, Do placitis philosopliorum, lib. n, cap. 13; Eusebius , Praeparatio evange-

lica, lib. xv, cap. 30; Stobaeus , Eclogac physicae et ethicae, lib. i. — 2 Plutarehus, op. cit.,

lib. 11 , caj>. 13; Eusebius, loc. cit. — 3 Lucretius , De rerum natura, lib. n, v. 1069, 1080;

Oritjenes, Philosophumena, cap. 13. — 4 Plutarehus, I)e oraculorum defectu, cap. 37. —

8 Idem, De placitis philosophorum, lib. n, cap. 30. Les habitants de la Lune , par exemple,

ne rendaient pas d’excréments. — 9 Pluto, Apologia Socratis. — 7 Plutarehus, De facie inorbe Lunae, cap. 24 (60). — 8 Voir plus haut, chap. IV, p. 10S. — 9 Plutarehus, op. cit.,cap. 15 (24).

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