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Première partie.
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ÉPOQUE EMPIRIQUE. —- FRAGILITÉ DES SYSTÈMES.

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tinguer entre la conjunctio major et la conjunctio maxima. Celle-ci n’arrivequ’au bout de 960 ans. Le 9 e de ces grands événements célestes, écrivait lecardinal en 1414, se verra en l’an de grâce 1789, et ladite année il y auradans le monde des bouleversements nombreux et des changements extraor-dinaires, principalement en ce qui regarde les lois : multae lune et mirabilesalterationes mundi et mutationes futurae sunt, et maxime circa leges ’.

Dans un immense nombre de flèches tirées au hasard, disait Sénèque , il y enaura au moins quelques-unes qui atteindront le but. Le hasard heureux du car-dinal d’Ailly, qui suivait fidèlement toutes les règles astrologiques, a été par-tagé par Ozanam qui n’en suivait aucune. Au commencement du XVIII e siècle,à l’époque où les hommes sérieux avaient cessé de faire de la judiciaire,l’auteur des Récréations mathématiques fut sollicité avec importunité par unseigneur polonais, qui voulait avoir de lui son horoscope. Ozanam finit parlui en écrire un au hasard, en l’embellissant des termes et des signes caba-listiques employés par les astrologues. L’auteur de cette plaisanterie fut fortétonné d’apprendre, longtemps après, que plusieurs de ses prédictions s’étaientréalisées 1 2 .

En 1514, non seulement Saturne et Jupiter, mais aussi Mars , devaientse trouver ensemble dans le signe des Poissons. Stœffler, qui annonçait cetévénement dans le volume d’éphémérides qu’il fit paraître en 1499, ajoutaitque ce serait le signal d’une immense et terrible inondation. Virdungus préditde même une sorte de déluge pour 1521. Ni l’une ni l’autre de ces prédic-tions ne se réalisa. Pareils manquements ne sont pas cependant de grandeconséquence, vis-à-vis d’hommes qui ne se fondent pas sur l’observation, etqui par suite n’observent pas et ne dressent pas de tables de comparaison.Nous le voyons encore tous les jours dans les prédictions météorologiques desfaiseurs d’almanachs et des charlatans. Aussi, après ces échecs, les astrolo-gues continuaient-ils, avec la même assurance qu’autrefois, à affirmer queles conjonctions de Jupiter et de Saturne causent de grands refroidissementsdans l’atmosphère, et par suite une abondance d’eau 3 .

Auparavant, en 1179, les astrologues arabes avaient annoncé pour 1186une sorte de déluge et des ouragans affreux, qui devaient tout bouleverser.Une grande éclipse de Soleil devait être suivie d’une conjonction de cinqplanètes. Mais aucun des malheurs prédits n’était arrivé. En revanche, ontrouvait, après coup, dans les astres, la raison des événements qui préoccu-

1 Petrus Alliacus, dans le recueil commençant par son Tractatus de imagine mundi,

imprimé en 1480, p. 118. — 2 Montucla , Histoire des mathématiques, nouv. éd., t. IV,

1802, p. 379. ■— à J. Vernerus Noricus, Canones de mutatione aurae, 1546, p. 15.