INTRODUCTION.
CHAPITRE VIII.
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leurs leçons. Un mouvement commença bientôt à se produire, qui n’avaitpas encore eu d’exemple jusque-là : le développement en commun d’unemême civilisation, d’un même système scientifique, indépendamment desdistinctions de langage et de contrée. C’était l’éveil de ce mouvement cosmo-polile auquel nous assistons aujourd’hui, dans lequel le progrès des scienceset des arts ne se fait plus séparément par chaque peuple et pour ce peuple,mais sort d’un faisceau entier de nations.
Depuis la renaissance, les différents pays de l’Europe luttent d’activité etd’industrie pour amasser ces observations, ces faits exacts, qui composentla richesse, au moins la richesse élémentaire, de la science moderne. Dans cegrand travail, l’outillage imparfait des anciens parut bientôt insuffisant. Onavait beau perfectionner l’astrolabe et y joindre le torquetum et la baleslrille,il n’y avait pas là de principe vraiment distinct. On apercevait la nécessitéd’ouvrir des voies nouvelles. Les sens eux-mêmes avaient des bornes contrelesquelles on se heurtait.
Or, dans le monde de l’intelligence tout se suit et tout se lient. Le progrèsdes arts réagit sur celui des connaissances et réciproquement l’avancementdes sciences concourt au développement des arts. Le perfectionnement destravaux mécaniques des artisans vint donner à l’astronomie les moyensd’employer, dans ses recherches, des instruments plus délicats, ou mêmed’une espèce entièrement nouvelle.
Les horloges à rouages et à volant. —D’abord vint l’invention des horlogesà poids et à rouages, destinées à remplacer les clepsydres des anciens. Onl’a attribuée, sans en avoir de preuve suffisante, à un moine du nom dePacificus, qui vivait au IX e siècle 1 . Les horloges à roues, entraînées pardes poids, sont mentionnées dans les usages de l’abbaye de Liteaux , com-pilés dans la première moitié du XII e siècle 2 . Wallingfort, qui vivait aucommencement du XIV e , ne fut donc pas, comme on l’a souvent répété, lepremier qui remplaçât l’eau par des poids moteurs 3 . On sait du reste quel’horloge de Westminster Hall remontait à 1288, et peu après cette date onvoit les horloges publiques se répandre dans toutes les localités de quelqueimportance. A partir de ce moment, les heures furent sonnées sur une clochepar un marteau. Mais comme le mouvement n’avait pas une extrême régu-larité, on se contentait d’une seule aiguille, celle des heures, sans descendrejusqu’à la précision des minutes.
i l)e Mafjei, Verona illustrata, 1731, part, n, art. Pacificus. — 2 Calmet, Commentaire
littéraire, historique et moral sur la règle de S l -Benoit, 1734, t. I, p. 279. — 3 Cette erreur
a été répétée par Müdler, Geschichle (1er Himmelskunde, 1873, vol. I, p. 119.