ÉPOQUE INDUCTIVE.
DÉVELOPPEMENT DES OBSERVATIONS.
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Dante, qui est mort en 1321, fait allusion à ces horloges ’. Au XIV e siècle,dit Muratori, il y en avait dans toutes les principales villes d’Italie , sur les-quelles sonnaient les heures, de 1 à 24 à partir du coucher du Soleil, pourle bénéfice du public. Milan en avait une, au clocher de l’église S-Gothard,avant 1339; Padoue avait la sienne en 1344, où l’on voyait le cours duSoleil et des planètes 1 2 . Celle du palais de Charles V, à Paris , datait de 1364,et celle de Strasbourg de 1368. On alla jusqu’à faire marquer sur les cadransnon seulement les heures égales, mais les heures temporaires, durant toutel’année, comme on le vit notamment à Nurenberg 3 * * .
Afin de régulariser la marche des horloges à poids, on avait ajouté unvolant horizontal, à mouvement alternatif, lancé d’abord dans un sens, puisdans le sens contraire, comme le fut plus tard le balancier des montres.On attribue à Gerbert, plus tard pape sous le nom de Sylvestre II , l’idéede cette espèce de modérateur A Le mouvement de va-et-vient était pro-duit à l’aide d’une roue d’écbappement verticale, qui a servi de type dansl’horlogerie moderne. On a pu voir au Muséum de South Kensinglon, àLondres , une de ces horloges d’ancienne construction dont le volant hori-zontal ou balancier, qui était d’un poids et d’une dimension considérable, semouvait tour à tour dextrorsum, puis sinistrorsum, par l’effet d’un échappe-ment vertical _ à l’axe. Il n’y a pas longtemps qu’une horloge analoguedu château de Douvres, qui datait de 1348, a été démolie.
Il s’agissait là de grandes machines; mais bientôt on en fit de dimensionsréduites, adaptées à l’usage des familles; et vers la fin du XV e siècle, unpoète italien, dans un de ses sonnets, en mentionne qui étaient portatives 6 .Ilele de Nurenberg, qui passe communément pour l’inventeur des montres,avait donc été devancé. Ces petites machines portèrent cependant un instantle nom d’« œufs de Nurenberg , » à cause de leur forme et de leur provenance.Comme les grandes horloges du temps, elles n’avaient d’abord que l’aiguilledes heures.
La détente du ressort, ralentie seulement par les frottements, ne se faisaitpas en elfet d’une façon régulière. 11 manquait à ces montres un modérateur.Pour rendre le volant à mouvement alternatif applicable aux horloges porta-tives, il fallait trouver le moyen d’en diminuer la masse, tout en lui conservantsa puissance. On fut longtemps avant d’y parvenir. Robert Ilooke finit cepen-
1 Dante Alighieri , Paradisio, cant. iv. — 2 Muratori, llcrum italicarum scriptores,
t. XII, 1736, col. 1011; t. XVIII, 1742, col. 172 et 444. — 3 Doutas de Thiard, Discours
du temps, de l’an et de ses parties, 1556. — ^ L’Art de vérifier les dates depuis la
naissance de Notre Seigneur, 3 e éd., 1783, t. I, p. 274. Gerbert était de la fin du X e siecle.
— 3 Gaspar Vesconte, ltithmi, 1493.