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INTRODUCTION.
CHAPITRE VIII.
d’attention, c’est que la direction du tube est en montant, comme s’il s’agis-sait de l’observation d’un objet céleste C
11 est bien constant que ces appareils américains n’étaient que de simplestubes, puisqu’à l’époque de la conquête le verre était absolument inconnudans le Nouveau Monde. Les tuyaux à viser, qui ont été d’un usage presquegénéral dans l’Ancien Continent, n’étaient pas non plus des instrumentsd’optique. Polybe les décrit déjà chez les Grecs * 2 . Nous avons vu que lesHindoux et les Chinois les employaient dans leurs observations méridiennes 3 .Il y en avait un qui servait en quelque sorte de rayon index au milieu dela sphère qui, pour les astronomes de la Chine , représentait notre équatorialou machine parallactique 4 * . Les Arabes s’en servaient, et l’on en a fait parti-culièrement mention dans l’outillage de l’Observatoire de Meragah 3 .
Vers le milieu du X e siècle, quand Gerbert, qui avait puisé ses connais-sances en Espagne, n’était encore qu’évêque de Magdebourg , il voulutdéterminer la latitude de cette ville dans le dessein d’y construire un cadransolaire. En prenant les hauteurs méridiennes de la polaire, il visait à l’étoileà travers un tube : in Magdeburg horologium fecit, illud recte constituais,considerala per fislulam, quumdam Stella nautarum duce 6 . Le tube avaitalors pris la place de l’alidade à pitons. On le trouve figuré dans lesmanuscrits. C’est au frontispice d’une copie de Ptolémée , faite au XIII e siècle,que Mabillon l’avait vu et l’avait pris pour un télescope 7 . Le caractèrepurement tubulaire de ces objets et l’absence de verres dans ces tuyaux nefont plus question aujourd’hui. Mais leur emploi si général montre une foisde plus comment l’homme reprend en tout lieu un chemin semblable, sansavoir besoin de connaître ce qu’ont fait ses voisins ou ses devanciers.
Une autre erreur pourrait provenir de l’emploi par les Italiens du motocchiale, associé à l’observation des astres; mais il ne s’agissait pas davan-tage du télescope. Les occhiale ou lunettes étaient simplement les verresqu’on mettait sur le nez lorsqu’on avait une mauvaise vue. C’est ainsi, par
* Bollaert , dans Memoirs read before the Anthropological Society of London, vol. I,
1803, p. 270. — - Polybius, Historia universalis, lib. x, cap. 40. — 3 Plus haut,
Chapitre V, p. 170. — ■'* Duhalde, Description géographique, historique... et physique
de la Chine , t. 111, 1733, p. 273. — "> Jourdain, Mémoire sur l’Observatoire de Meragah,
dans Magasin encyclopédique, t. VI, 1809. — « Ditmurm [\° siècle], Chronici libri VIII,
dans Leibnitius [Leibnitz], Scriptores reru ni brunsvicensium, t. I, 1707, p. 399. —
7 Mabillon , Vetera analecta, t. IV, 1083, p. 40 ; reproduit dans son lter germanicum,1717, p. 34.