ÉPOQUE INDUCTIVE. - DÉVELOPPEMENT DES OBSERVATIONS.
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exemple, que sont désignées les lunettes de myope avec lesquelles DelleColombe regardait l’étoile nouvelle du Serpentaire, apparue en 160-4 '.
Le télescope proprement dit. — Si, dans ces différentes circonstances, ilne s’agissait pas de la lunette d’approche, il n’en est pas moins certaincependant que cet instrument était connu, comme objet de curiosité, avantqu’on se rendît compte des usages scientifiques auxquels il pourrait servir.D’abord Roger Bacon , dans une exposition fort remarquable de la marchedes rayons lumineux qui traversent les lentilles, indiqua d’une manière trèsnette la disposition des verres propre à faire une lunette grossissante 1 2 . Ilest vrai que c’était une simple construction théorique et tout indique qu’ilne l’a pas réalisée. Mais celte réalisation a pu devenir l’œuvre de quelqueamateur. Glorioso, qui fut le successeur de Galilée à l’Université de Padoue et qui devait, par conséquent, être au fait des questions d’optique, affirmequ’au commencement du XVI e siècle le pape Léon X 3 * * avait dans soncabinet un véritable télescope pour grossir les objets éloignés : perspicillumpossedisse certum est , nous dit-il *.
Il est manifeste que l’application des moyens optiques à la vision loin-taine préoccupait alors les chercheurs, et que la découverte du télescope,semblable en cela à tant d’autres découvertes de nos sciences, eût-ellemanqué d’un côté, serait venue d’un autre. Elle était dans l’air. La descrip-tion théorique de certaines combinaisons de lentilles, applicables au grossis-sement des objets distants, a été renouvelée plusieurs fois dans le XVI e siècle.Une construction est d’abord indiquée, en 1569, par le célèbre physicienPorta, dans un article fort net et fort précis puis le môme sujet est traitél’année suivante par John Dee 6 , puis encore en 1591 par Thomas Digges 7 ,d’après les notes de son père Léonard Digges .
On en était là, lorsqu’en 1608 le lunettier Lippershey , autrementLaprey, établi à Middelbourg mais originaire de Wesel , s’adressa aux États-Généraux balaves pour obtenir un privilège ou brevet au sujet d’un instru-
1 .1. Maums [Mauri], Considerazioni fatte sopra alcuni luoghi del discorso del L. DelleColombe, 1606; et Delle Colombe, Hisposte piacevoli e curiose aile Considerazionid’À. Mauri, 1608. — 2 L c passage de II. Bacon dont il s’agit a été écrit en 1265. Voyez
ses ouvrages imprimés : Perspectiva, Francofurti, 1614, p. 158; De secretis operibus artis
et naturae, Parisiis, 1542, cap. 5; Opus majus, Londini, 1733, part. III, cap. 4, p. 357.
— s Mort en 1521. — 4 Glorioso, De cometis dissertatio astronomico-physica, 1624,
p. 239. — •> Porta, Magia naturalis, editio nova, 1569, lib. xvii , cap. 10. — G J. Dee,
Euclidis elemenla geometrica, 1570, praef. — ‘ T. Digges, A geometrical practical treatise
named pantometria, 1591, prof.