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Première partie.
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INTRODUCTION.

CHAPITRE X.

observés dépendent de certaines conditions ou plus générales ou antérieures.L’homme de science de notre époque ne rencontre plus nulle part de puis-sances occultes, ni de forces capricieuses qui s’intercalent, pour le troubler,dans un enchaînement prévu. Dans quelque ordre d’études qu’il pénètre,l’idée qui lui reste, après avoir tout examiné sobrement, est que les phéno-mènes ne sont ni fortuits ni indépendants, mais qu’ils sont, au contraire,amenés et réglés par des lois.

D’où viennent ces lois, quelles en sont l’essence et la source, nous ne lesavons pas encore pour une seule d’entre elles. Qui pourrait dire, parexemple, en quoi consiste l’affinité chimique ou l’attraction newtonienne?De ce côté, la connaissance humaine a un terme dans ce XIX e siècle. Ellen’a pas pénétré au delà de l’expression matérielle des lois par les phéno-mènes. A proprement parler, elle ne va pas au delà des phénomènes. Ilserait téméraire de dire qu’elle n’ira jamais plus loin; mais il faut constateroù elle s’arrête.

Nous ne voyons pas aujourd’hui au delà des phénomènes. — Pour elle,l’univers est un spectacle grandiose d’évolution, et partout celte évolutions’accomplit comme si les faits qui se déroulent portaient leurs lois en eux-mêmes. Nulle part la science n’a encore saisi isolément une cause. Nullepart elle n’a pénétré jusqu’à Vaition de Platon . Nous sommes arrêtés auxeffets, mais l’existence propre des causes, leur enlité distincte, qu’il seraitd’ailleurs prématuré de nier, a échappé jusqu’ici à la démonstration.

Héraclite disait que le corps humain vit et agit comme s’il avait de lui-même toutes les facultés. Dans la nature, observait Lucrèce , tout se produitsans que l’on aperçoive aucune intervention du dehors. Au milieu d’uneforêt vierge, le gland qui tombe à terre donne naissance à un rejeton;celui-ci croît avec le temps, devient un arbre et finit par être un grandchêne, d’où tomberont à leur tour des centaines de glands. Ce cycle s’ac-complit indéfiniment sans que nous saisissions autre chose que le gland etle chêne, le chêne et le gland.

Le ver à soie dépose ses œufs puis il meurt, sans qu’une génération voiejamais la génération qui la suit. Cependant les œufs éclosent au printemps.Des chenilles d’abord toutes petites en naissent. Ces chenilles grandissent,se mettent à filer leur coque, s’y renferment, s’y métamorphosent et sortentun jour en bombix ailés. Ces papillons pondent à leur tour, pour mouriraprès avoir assuré la perpétuité de leur espèce. Toute cette évolution étaitrenfermée dans l’œuf en puissance. Cela est si vrai qu’à chaque instant nouspouvions annoncer quelle serait la phase qui suivrait et à quel moment nous