l'astronomie dans l’histoire.
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la verrions se produire. Il y a dans ce développement la même suite, lamême dépendance entre chacun des états successifs que nous trouvons dansles progrès d’une réaction chimique.
Qui applique l’impulsion en vertu de laquelle les rivières coulent suivantla pente de leur lit? Quelle main sépare dans le prisme les rayons delumière et teint l’aurore et le crépuscule de leurs brillantes couleurs? Quipénètre dans les entrailles de la femme pour organiser le fruit qu’elle mettraau jour?
Tout marche, tout se produit, tout se développe, comme par l’effet devirtualités intrinsèques. A voir les choses du dehors, et comme nous lesvoyons aujourd’hui dans la science, on dirait que chaque phénomène ren-ferme en lui-même tout ce qu’il faut pour le réaliser. « La matière, s’écrieJordano Bruno, n’est pas cette simple capacité vide que les philosophes nousont représentée, mais la mère universelle qui produit tout comme le fruitde son propre sein. »
Ce qui est certain c’est que, jusqu’à ce jour, les causes ou leurs principes,pris en eux-mêmes, ne sont pas tombés sous notre perception. Mais parceque toute évolution s’accomplit dans le monde comme une déduction prévue,sans que nous réussissions à saisir la main exécutrice de ce développement,celui-ci en est-il plus facile à expliquer et moins merveilleux? L’existencedes corps, le mouvement, la vie, l’obéissance des phénomènes à des loissont des sujets d’étonnement et d’admiration bien autrement grands etfrappants que toutes les fables racontées par les mythologues ancienset modernes i . « La nature, disait Galilée , est merveilleuse dans toutesses opérations 2 . »
Évolution de l’astronomie. — L’astronomie, pas plus que les autressciences, n’a eu le privilège de découvrir en quoi consistent ces causesimmuables et générales, ces forces, si l’on veut les appeler ainsi, dont lesmouvements des corps célestes sont la plus grande et la plus positive mani-festation. Nulle part cependant les phénomènes ne sont plus clairement niplus intimement rattachés à des lois; nulle part ces lois ne sont plus simples,plus constantes, ni plus universelles dans leurs applications. Par cettecirconstance, l’astronomie est peut-être appelée à acquérir la première uneidée des principes régulateurs auxquels les phénomènes sont soumis. Sonancienneté comme science objective 3 la met sur le premier plan.
4 Huxley, dans The agnostic annual, année 1884. — 2 Melli, Vita di Galileo, 1793, t. I,p. 31. — 3 L’acoustique est aussi ancienne, mais elle n’est plus comptée aujourd’huicomme science distincte : elle rentre dans le domaine de la physique.