Band 
Première partie.
Seite
308
JPEG-Download
 

508

INTRODUCTION.

CHAPITRE N.

Née partout dès l’état sauvage des hommes, contemporaine de l’âge de lapierre, elle a parcouru sa carrière côte à côte de la civilisation. Nous l’avonsvue liée, dans ses diverses phases, aux conditions mêmes de l’état social.

Le sauvage chasseur qui poursuit le gibier dans les solitudes des cam-pagnes et le pasteur nomade des prairies vierges avaient déjà mis au cieldes personnages. L’agriculteur, arrivé au régime municipal ou des cités,avait étendu et poétisé ces premières créations. Alors s’était fondé un systèmede personnifications astronomiques, que l’on se plaisait à décrire et à embellirdans tous ses détails. Ces conceptions servaient d’une véritable base communeà la religion et à la science. La tradition les transmettait de génération engénération, et plus tard l’écriture vint leur donner une forme plus fixe, maismoins naïve et moins frappante.

Lorsqu’à l’âge du bronze les groupes de population s’étaient fixementconstitués en cités, on avait déterminé la durée approchée de la lunaison.On s’était formé une première idée de la longueur de l’année et de la diffé-rence entre les hauteurs solstitiales du Soleil. Les étoiles déterminatrices desHindoux et des Chinois avaient remplacé les personnages mystérieux de lasphère primitive. Il est certain que l’astronomie est sortie de la période desfables avant l’histoire naturelle, avant la physique, avant la géographie,avant l’histoire. Elle avait élevé des gnomons à la Chine , elle observait enÉgypte les levers héliaques de Sirius, dans un temps où les traditions del’Europe , encore à demi-sauvage, sont impuissantes à remonter.

A mesure que les hommes fixés au sol s’étaient constitués en véritablesnations, ils avaient commencé à tenir registre des éclipses et des différentsphénomènes célestes. On possédait en Égypte et à Babylone de longuesséries d’observations, dont on n’a pu fixer encore l’époque initiale. La Chine nous en a donné une qui date, avec toute régularité, du VIII e siècle avantnotre ère, et qui présente ce caractère unique de se poursuivre jusqu’à cejour sans interruption. La civilisation chinoise est, en effet, la plus anciennecivilisation nationale qui subsiste de notre temps, et la seule qui, depuisl’origine de ce s observations, n’a pas cessé d’être continue.

En même temps se développaient les spéculations et les systèmes. Maisun beau jour les sphères solides, qui enfermaient la Terre comme dans uneboîte, sont brisées. L’espace s’ouvre ; et la famille d’astres qui compose lesystème planétaire se montre dans toute la liberté de ses mouvements. Notreglobe, passé au rang de modeste planète, cesse d’être une exception dansl’univers. Le groupe même dont nous faisons partie ne demeure pas un casisolé. Le télescope nous montre l’espace qui nous entoure, à des profondeursqui défient l’imagination, peuplé de mondes et de systèmes de mondes