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Seconde partie.
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plus activement au mouvement démocratique et républicain qui, depuispeu, s’était fait jour en Belgique . Des banquets populaires réunissaientde temps à autre les promoteurs et les partisans de ce mouvement (1), etnotre jeune astronome fut, à diverses reprises, appelé à les présider. C’està l’un d’eux, tenu à l’établissement Le Prado, le dimanche 25 mars, quese passèrent les événements qui devaient donner à la carrière de Hou-zeau une tout autre direction que celle qu’elle semblait devoir suivre.« Il avait à peine ouvert la séance, en donnant lecture de l’article 19 dela Constitution, reconnaissant à tous les Belges le droit de s’assemblerpaisiblement et sans armes, qu’une foule exaltée, les léopoldistes, arméede gourdins, envahit les jardins du Prado, sous la conduite du légendaireToone Reeper. Les portes furent immédiatement fermées et la défenseorganisée. Malgré les héroïques efforts des rouges, commandés parBrismée et armés de piques et de barreaux arrachés au grillage, malgréune résistance opiniâtre et sanglante, les républicains furent dispersés etle président ne dut son salut qu’à une porte dérobée, qui lui permit degagner la chaussée et les champs (2). »

Quelques jours plus tard, le 6 avril, Houzeau était destitué de sesfonctions d’aide astronome à l’Observatoire, « pour, disait l’arrêté derévocation, avoir assisté à des meetings organisés dans un but contraireà nos institutions ». Comme nous le faisait remarquer plus tardHouzeau, les réunions qualifiées de cette manière étaient de la nature de

(1) La souscription à ces banquets était de SO centimes, et elle donnait droit à un petitpain (un pistolet, comme on dit à Bruxelles ), à une tranche de jambon et à de l’eau à discré-tion. Tous ceux qui y étaient admis devaient, avant d’entrer, déclarer qu’ils n’étaient pasporteurs d'armes.

(2) J. Nyns-Lagye, Jean-Charles Houzeau , sa vie et ses œuvres. (Extrait de la Revuepédagogique belge , août 1888.)

Le gouvernement avait pris des mesures de précaution exceptionnelles à l’occasion de cebanquet. On avait répandu le bruit qu’il devait être l’occasion d’une émeute, qui auraitdébuté par l’incendie des casernes et d’autres édifices publics de Bruxelles . Dès le 24 desarrestations avaient été opérées et le 2ü, jour du banquet, une partie de la garnison avaitété consignée, la brigade de gendarmerie considérablement renforcée et la garde civique deLaeken convoquée. Toutes les autorités locales siégeaient en permanence. On avait aussipris des mesures sévères sur les diverses lignes de chemin de fer. Les voyageurs quin’avaient pu exhiber des papiers justifiant de leur identité ou donner des explicationssatisfaisantes avaient dû rebrousser chemin.

Il y eut, de part et d’autre, plusieurs blessés lors de l’irruption de la foule dans lePrado.

Le récit de la bagarre, tel qu’il est donné plus haut, provient d’un témoin oculaire,M. Nyns père.