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nature et dans plusieurs contrées, nous engagent à présenter à l’Aca-démie , dans une suite de Fragments, le résultat de cette étude de biendes années. Nous avons l’espoir qu’un pareil examen ne sera pas entière-ment inutile au plus grand nombre des calculateurs, et qu’il pourra Con-tribuer sinon à abréger d’une manière notable les travaux des hommesde celte profession, au moins à augmenter dans une certaine mesure larapidité, la clarté et la bonne ordonnance de leurs opérations. »
« Ces fragments, disait quelques années plus tard M. Liagre (1),témoignent d’une grande expérience dans la pratique du calcul numé-rique et de beaucoup de sagacité dans la discussion des résultats. Toutcalculateur les consultera avec fruit. »
C’est aussi au commencement de 1875 que Houzeau reprit une idéequ’il avait eue à plusieurs reprises, celle de faire la carte du ciel entiervisible à l’oeil nu.
Argelander , trente ans auparavant, avait donné une carte des deuxtiers de la sphère qu’on peut voir d’Europe . Plus lard, Heis avait revuce travail et Behrmann l’avait étendu à la zone australe. Par suite descirconstances spéciales d’observation où se trouvait Houzeau, — voisi-nage de l’équateur et pureté du ciel exceptionnelle, — il y avait avantageà le reprendre, puisqu’ici un seul et même œil pouvait aisémentembrasser le ciel tout entier.
» Je me suis mis à l’œuvre avec le commencement de cette année,croyant l’entreprise plus vaste qu’elle ne me paraît maintenant, écrivaitHouzeau le 23 février 1875. Je porte les étoiles avec un soin particulier,en déterminant leurs grandeurs, sur cinq grandes feuilles, dont deuxreprésentent les cercles autour des pôles, et les trois autres la ceinturemédiane de l’équateur. Il n’y a en définitive qu’un peu plus de6000 étoiles à porter, et une heure de travail, matin et soir, quand iln’y a pas de Lune , m’en donne une trentaine. Le travail se fait ainsisans elîort. »
Le mois suivant, il écrivait encore : « J’ai eu constamment de trèsbelles soirées ou de très belles matinées pour continuer la carte du cielà l’œil nu. Me voilà, en deux mois et demi, à un bon tiers de la besogne.En étendant au ciel entier la proportion d’étoiles visibles à l’œil nuqu’Àrgelander a trouvées dans le ciel européen, on n’en aurait en tout(pour toute la sphère) que 4200; ou, comme le ciel austral est plus
(1) Rapport du jury du concours quinquennat des sciences physiques et mathématiques(période de 1874-1878), p. 22.