LES LIVRES A CLEF
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ries politiques. On y trouve 24 figu-res en charge, gravées à la manièrenoire, représentant les bustes des per-sonnages accusés de la révocation del'Édit deNantes.il n’y a point d’autretexte que les quatrains placés au basde chaque figure et un sonnet finaloù les réfugiés menacent Louis XIV du sort de Jacques II .
M. Du Roure 0 Analecta-Biblion »,(t. II, p. 370-371) a donné les nomsdes personnages, figurés en moines ri-dicules ou atroces. Ainsi le Soleil, unetorche à la main, c’est Louis XIV ;Jacques Déloge, c’est Jacques II ; I ’AstieMitré, c’est Le Tellier, archevêque deReims ; etc., etc. Ce recueil satiriqueoffre une grande analogie avec unautre recueil d’estampes : Le Renver-sement de la Morale chrétienne »,dont il est parlé plus loin.
HÉROS (LE) TRES CHRESTIEN,dédié à Son Altesse de Turenne,par le sieur Olry de Loriande, ingé-nieur du Roy. — Paris , Pierre Bien-fait, 1669, in-12 de 2 ff. et 74 pp.,très rare.
Tragédieen 5 actes et envers qui,sui-vant le catalogue Soleinne (n° 1433),semble avoir été composée en l’hon-neur de l’abjuration de Turenne, quieut lieu le 23 octobre 166S. Le Hérostrès chrestien, ou Turenne , tue un dra-gon envoyé par les faux dieux ; cedragon est l’image du protestantisme.On ne parle que de cette vilaine bêtependant les cinq mortels actes decette insipide allégorie.
HEUREUSES (LES) INFORTU-NES DE CÉLIANTE ET MARILINDEVEFVES PUCELLES, par D. F. — jParis , V e Trabouillet, 1662, in-8;autre édition en 1666.
« La première édition de ce roman, !dit le « Manuel du Libraire » (t. 11, 1
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col. 623), est de Paris , chez Trabouil-let, i636, in-8. Ce qui a fait le succèsdu livre, c’est que l’auteur y a intro-duit, sous des noms supposés, plu-sieurs personnages du temps. L’auteurde cette production passe générale-ment pour être Desfontainés, sous lenom duquel l’abbé Cerisiers a publié« l’illustre Amalazonthe » (voir cetitre) ; il se pourrait que le même abbéfût également l’auteur des « Heureu-ses Infortunes. » Contrairement àcette opinion, la « Biographie Mi-chaud » n’hésite point à attribuer ceroman à Desfontaines, auteur drama-tique contemporain de Corneille quin’a pas publié moins de treize piècesde théâtre, entre autres « les Galantesvertueuses » dont il est parlé plushaut. Quoi qu’il en soit, l’auteur des« Heureuses Infortunes » avance, danssa préface, qu’il s’agit d’événementsréels et récents ; s’il a changé l’ordredes temps et les noms des person-nages, « c’est afin d’épargner la mo-destie des uns et la honte des autres »;il a, en effet, transporté ses héroïnesà Babylone (Paris ). Ce récit fort pro-lixe, où les métaphores sont accumu-lées, où les concetti abondent, est au-jourd’hui bien oublié; il offre cepen-dant encore de l’intérêt, grâce à uneclef qui l’accompagne et qui nousdonne les vrais noms des personna-ges mis en scène ; voici les princi-paux d’entre eux:
Angélie, — la présidente Désembray;KBélnides, — De Lingendes ;
Bérénice, — M me Prestalois ;
Célanithe, — M me de Charny (ou Cha-rigny ?) ;
Ericène, — M 11 » d’Oignon ;
Ericlée, — M ms de Chalais ;
Filanire, — M me Sévin ;
Marilinde, — M me de Marigny;Palinice, — M“® Boisset ;
Nicopolis, — Dijon ; etc., etc.
La « Bibliothèque des Romans »(juin 1787, p. 130-219) contient unelongue analyse de ce roman.