Band 
Tome premier.
Seite
427-428
JPEG-Download
 

LES LIVRES A CLEF

427

l’Hexaméron qui manque à la plu-part des éditions : Egysthe, c’est Ur-bain Chevreau ; Marulle , l’abbé deMarolles; Racemius, Bautru ; Ménal-que, Ménage ; Simonide , l’abbé Le Ca-mus; enfin, Tubertus Ocella, c’est LaMothe Le Vayer lui-même.

HILAIRE, par Un Métaphysicien .— Amsterdam (Paris, ) 1767, in-12de 240 pp.

Ce petit ouvrage, de l’avocat Mar-chand, est une parodie du « Bélisaire »,de Marmontel . « Cet avocat Marchand,qui passe pour un aigle et pour unfort bel esprit dans certaines maisonsdu Marais, est le plus mauvais plai-sant de tous les mauvais plaisants deParis . Il est lourd et bête à faire plai-sir. Hilaire est un vieux sergent ré-formé et accusé d’avoir fait la contre-bande. Voilà le travestissement deBélisaire ; tous les autres personna-ges du roman sont à peu près aussiheureusement et aussi spirituellementdéguisés. Il n’y a pas d’ailleurs le motpour rire et toute la parodie est d’uneinsipidité et d’une platitude magnifi-ques. » (« Correspondance de Grimm»,juin 1767.)

HIND (THE) AND PANTHER, aPoem (by John Dryden ), Holy-Rood-House, 1687, in-4.

« La Biche et la Panthère » estune espèce de profession de foi catho-lique de l’ex-protestant Jean Dryden,qui venait de se convertir à la religionde son souverain Jacques II ; conver-sion qui devait lui devenir préjudi-ciable d’ailleurs, un peu plus tard,après l’avènement du roi Guillaume.

La Biche pure et sans tache,c’est l’Eglise Romaine ; la Panthère,fière, magnifique et tachetée, c’estl’Eglise Anglicane ; les indépendants,quakers, anabaptistes, calvinistes,

428

sont représentés par les ours, les liè-vres, les sangliérs, les loups. Cette al-légorie, dont la forme bizarre fut spi-rituellement ridiculisée, par Montaguet Prior, dans une parodie intitulée« le Rat de ville et le Rat des champs, »est cependant le plus noble poème deDryden : « L’esprit, dit Hallam, y estperçant, prompt et plaisant ; le rai-sonnement y est admirablement serréet ferme; c’est l’énergie de Bossuet envers. » Or, étant encore protestant,Dryden avait publié un poème nonmoins remarquable, Religio laici, con-tre les adversaires de l’Eglise Angli-cane !

HIPPARCHIA , histoire galante,traduite du grec, divisée en troisparties, avec une préface très inté-ressante et ornée de figures. ALampsaque(Paris ),l’an de ce monde1748, pet. in-12 de XII— 160 pp., 4figures dont 3 libres. Imprimé aussisous ce titre :

Aihcrappih, (anagramme d’« Hip-parchia »), histoire grecque, S. I.— Paris , 1748, pet. in-12 sans fi-gures.

La plupart des bibliographes onti attribué cet ouvrage, sans trop de| certitude, à P.-F. Godard de Beau-champs ; mais, sur le témoignage del’abbé Papillon, le « Dictionnairedes Anonymes » n’hésite point àdire que ce roman satirique est de! l’abbé Jérôme Richard. Voici ce que; dit P « Essai de Quérard » :

| « La préface raconte une anecdote

! de laC. de P. (cour de Versailles ), etI une clef, placée sur le feuillet quij suit le titre, dévoile tout le mystère :j Le M. de B. (duc de Richelieu), amantI AolaC. de R. (duchesse de Villeroy),