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Tome premier.
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511-512
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LES LIVRES A CLEF

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JÉROME PATUROT A LA RE-CHERCHE D’UNE POSITION SO-CIALE, — suivi d’une deuxièmepartie intitulée : Grandeur et déca-dence de Jérome Paturot, — parLouis Reybaud — Paris , — Paulin,1842, 3 vol. in-8, 30 fr.

Autre édition, magnifiquementillustrée par J.-J. Grandville, Paris ,Dubochet et Cie, 1845-1846, gr. in-8de 460 pp., 15 fr.

Jérome Paturot a la recherche

DE LA MEILLEURE DES REPUBLIQUES,

par Louis T^eybaud. — Paris , MichelLévy, 1848, 4 vol. in-12, 8 fr.

Autre édition, revue, corrigée etaugmentée, avec 30 dessins deTony Jobanneau. — Paris , MichelLévy, 1848, gr. in-8, 20 fr.

Tout le monde connaît au moinsle premier de ces remarquables ro-mans, si souvent réimprimés et dontil serait trop long de citer ici les édi-tions. Le premier restera comme laplus fine, la plus fidèle étude et laplus juste satire de nos mœurs et dumouvement politique pendant la pre-mière partie du règne de Louis-Phi-lippe . Les allusions de toutes sortes,les portraits y abondent; sans pré-tendre faire la clef de ce livre bienécrit, dont le plan est à la fois sisimple et si varié, on peut du moinsy relever les indications suivantes :Jules, ou le grand feuilletoniste, c’estJules Janin ; — le Génie, ou le grandVictor, c’est Victor Hugo ; — Eugène ,c’est Eugène Sue ; — Frédéric, le fé-cond romancier, Frédéric Soulié ; —Honoré, H. de Balzac ; — le grandmagnétiseur, le baron du Potet; —Félicien, F. David ; — Vautre compo-siteur fameux par sa bruyante orches-tration, Hector Berlioz ; — Corinne,M me Louise Colet ; — le dépulé dithy-

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rambiqne, Lamartine ; — le députédogmatique, Guizot ; — le député,orateur aussi artiste qu’éloquent, Ber-ryer; — an autre orateur de premierordre, A. Thiers ; — le général ***, lemaréchal Bugeaud ; — « les Durs-à-cuire » font allusion aux « Burgraves »de V. Hugo, etc., etc.

Le second ouvrage, moins attrayantsans doute que le premier, est unlivre essentiéllement politique; c’estun tableau très fidèle de la situationde la France, de Paris surtout, pen-dant lés premiers mois de la révolu-tion de 1848; il est au moins aussicurieux que le premier « Jérome Pa-turot, » les observations y sont exactes,les faits pris sur le vif, l’historien ytrouvera plus tard d’utiles renseigne-ments; mais, dans ce second ouvrage,le gaîté est moins vive, les peinturessont plus tristes, quelquefois affli-geantes; l’ironie, toujours fine, y estplus amère; quiconque a vécu à cetteépoque bizarre y reconnaît sans peineles types photographiés par l’auteur :le Pontife de l’Icarie, c’est Cabet ; — leProphète aux queues, c’est Victor Con-sidérant; — le Barras du Luxembourg ,Louis Blanc ; — le Président du clubau vinaigre, c'est Blanqui; — celui duclub au camphre, c’est Raspail ; — lecommuniste ennemi de la propriété,c’est Proudhon , etc., etc. Toutes cesphysionomies d’originaux redoutablesou grotesques sont loin d’avoir dis-paru; Louis Reybaud a le rare méritede n’avoir rien exagéré là où la chargeétait si facile ; ses types existent en-core, modifiés il est vrai ; mais il seraitbien facile d’en retrouver les équiva-lents de nos jours, dans une périodede moins de dix ans.

Ne quittons pas Louis Reybaud sansindiquer encore un autre de ses écrits,conçu dans le même ordre d’idées etrentrant aussi dans la catégorie desouvrages à clef, c’est : « Athanase Ro-

BICHON, CANDIDAT PERPÉTUEL A LA PRÉ-SIDENCE de la République. » Paris ,Lévy, i85i, in-ia, 1 fr.