LES LIVRES A CLEF
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Lucie, Thècle , Cressa, une certaineUrsule et maintes autres filles ethon-nestes dames, ne durent pas êtredes personnes purement imaginaires.Peut-être les manuscrits de Jean deCisinge, conservés encore aujourd’huià la bibliothèque de Brescia , pour-raient-ils fournir à ce sujet quelquespiquantes révélations.
JAVOTTE, OU LA JOLIE VIELLEUSEparvenue. — Manuscrit trouvé auBois de Boulogne. Paris , an XIII,chez Lagrange, rue Geofrois-Las-nier, n° 6250; in-12 de 140 pp.Jolie figure gravée par Bovinet,d’après Chaillou. Très-rare, noncité dans les « Bibliographies Ro-mancières » de Marc et de Pigo-reau. — Réimprimé à Paris , Tiger,1820, in-18.
« Nous ignorons quel est l’auteur deces histoires gaillardes plutôt que ga-lantes. Ce devait être un comédien,car il parle ex professa de la condi-tion des troupes en province. 11 y ades scènes très plaisantes, notammentcelle qui est retracée avec beaucoupd’esprit dans le frontispice. Le titre del’ouvrage se rapporte seulement à lapremière anecdote que raconte unebelle aventurière nommée Donamour,laquelle habitait, avec son amant, undélicieux château sur les bords de laSeine . On voit figurer parmi les hé-ros de l’histoire le comte de N***,envoyé de Naples (Nerciat ), qui ad-mire un tableau du célèbre peintre(Boucher). L’amant de la Dona-mour n’est autre que le chevalier deS*** (Sade). Javotte était une petitesavoyarde qui se fit connaître à Paris ,en jouant de la vielle et en montrantune marmotte en vie, avant de fairefortune. 11 y a d’autres noms à dé-
couvrir dans ce petit livre. » (P. La-croix, « Bulletin duBibliophile,» i 863 ,p. 3 10.)
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JE M’Y ATTENDOIS BIEN. His-toire bavarde, par l’auteur ducolporteur (Fr. Ant. Chevrier). —Partout, — chez Maculature, impri-meur ambulant des Bavards Séden-taires, — l’an des Méchancetés —s. 1 . n. d. (Amsterdam — 1762), —pet. in-8. de 64 pp.
Voir : Les Amusements des Da-mes de B***.
JE SUIS PUCELLE, histoire vé-ritable. — La Haye , — FrédéricStaatman,— 1767, — 2 tomes enun vol. in-12 de 263 pp. — Réim-primé à Paris , — Didot jeune, —an IV.
Ce livre, dont le titre est plus cu-rieux que le reste, est du fameux abbéHenri-Joseph Dulaurens , qui, suivantM. Paul Lacroix , y aurait raconté unépisode de sa propre vie. « Un abbé,en passant le soir dans un quartier deParis assez mal habité, entend cesmots sortir d’une allée sombre : « Jesuispucelle!» 11 n’en faut pas davan-tage pour piquer sa curiosité; il dé-couvre que la belle enfant, nomméeEsther, est en lutte avec son ogressede mère qui veut la forcer à trafiquerde ses charmes. L’abbé en devientamoureux, l’enlève, la conduit à Lon-dres et l’épouse, quoiqu’elle ait étédéfigurée par la petite vérole. » Toutcela est délayé dans une foule de dé-clamations et de digressions insup-portables. Cet ouvrage où se trouventdes portraits et des paradoxes, commedans la plupart des productions del’auteur, contient des détails fort mal-honnêtes, sans cesser d’être à peuprès honnête et moral. 11 faut lired’ailleurs la notice insérée à ce sujetpar M. P. Lacroix, dans le « Bulletindu Bibliophile » (1864, p. 1112-riiU).