1001
LES LIVRES A CLEF
1002
Sailustes, est celle des trois Racan ,que Tallemant des Réaux et Ménageont mise en récit et Boisrobert encomédie ; — dans le cinquième livre,Boisrobert lui-même est représenté,avec son effronterie et ses procédésingénieux pour s’enrichir aux dépensdes seigneurs, sous les traits du joueurde luth Mélibée ; — le pédant Horten-sius, avec sa fatuité naïve et son or-gueil béat, n’est autre que Balzac. —Bien d'autres allusions, à Porchères,à l’Augier, etc., etc., sont contenuesdans Francion, « pour lequel, ditM. V. Fournel, il n’existe pas de clefproprement dite ; mais les auteurscontemporains, en particulier Talle-mant , peuvent y suppléer jusqu’à uncertain point. »
Disons encore que Francion n’estpoint le seul ouvrage de Sorel que l’onpuisse considérer comme un livre àclef ; dans la plupart de ses écrits ro-manesques, il a introduit des person-nages réels: pour n’en citer qu’unseul, il est plus que probable que sonouvrage intitulé : « Polyandre, » His-toire comique (Paris , 1648, 2 vol.in-8°), faisait allusion à des personnesalors faciles à reconnaître. Cette « His-toire comique,» beaucoup moins libreque celle de Francion, « renferme, dit« Sorel lui-même, les aventures de« cinq ou six personnesde Paris,qu ’on
« appelle des originaux. Il y a
« l’homme adroit, le poète grotesque,
« l’alchimiste trompeur, le parasite,
« le fils de partisan, l’amoureux uni-« versel. » C’est une clef curieuse àretrouver.
VULGUS BRITANNICUS: orthe British Hudibras. In fifteenCantos. — Containing the secrethistory of the London Mob ; theirRise, progress and suppression.Internix’d with Civil-Wars betwixtHigh-Church and Low-Church, atthe time : Being a continuation of
the Late Ingenious M. Butler’sHudibras . — In five Parts compleatin one volume. By the Author ofthe « London Spy. » — The thirdédition, adorn’d with cuts and aTable to the whole. — London ,Printed for Sam-Briscoe, and soldby James Woodward and JohnMorphew, 1711, in-8 de m-180 pp.,5 %■
Le long titre de ce poème satiriquefait suffisamment connaître son objet ;l’auteur, qui se nommait EdwardWard , était né en 1667, dans le comtéd’Oxford ; il tint à Londres une mai-son publique montée sur un pied élé-gant, et où se réunissaient les adver-saires de l'administration whig; lui-même amusait la société par desanecdotes littéraires dont sa mémoireétait abondamment pourvue.il écrivitde nombreux ouvrages politico-satiri-ques dontleManuel de Lowndes donnela liste à peu près complète. Popeayant attaqué Ward dans sa « Dun-ciad » eut lieu de s’en repentir par lavivacité avec laquelle Ward repoussal’attaque, avec d’autant moins de ré-serve d’ailleurs que le soin de sa ré-putation ne le gênait pas. Wardmourut le 20 juin 1731. C’était ensomme un assez vilain personnage.On cite, parmi ses principaux écrits,
« L’Espion de Londres , » descriptiongrossière mais souvent fidèle desmœurs déréglées de la capitale ; « LeTon d’un Café, » comédie piquante ;
« Le Caprice d’Apollon » et diverspoèmes dans le genre d’« Hudibras. »— La plus célèbre de ces composi-tions satiriques est le « Vulgus Bri-tannicus » (la Canaille anglaise) dontil s’agit ici. Cette mordante productionest remplie de traits méchants contredes personnages alors bien connusappartenant en général à la Haute ouà la Basse Eglise. — Beaucoup denoms sont simplement initialisés