1095 LES livres a clef 1096
qu’elle ne fut pas insensible aux soinsdu ministre anglais :
« Je me sens criminelle, aimant un étranger
« Qui met pour mon amour cet Etat en danger. »
PARIS CANAILLE. Mœurs con-temporaines. Par Edouard Ducret.Paris , Henry Oriol, éditeur, 1883(imp. chez D. Bardin, à Saint-Ger-main), in-i2de 358p. Prix : 3 fr. 50.
Ce roman a d’abord été publié enfeuilleton, dans le journal «Le Réveil»(avril-juin i 883 ). C’est, comme le titrel’indique, un tableau des dessous deParis ; crimes de toute espèce, assas-sinats, vols, prostitution, débauche, ily a de tout dans ce livre qui est undes spécimens les plus complets duroman policier, genre très goûté, ac-tuellement, d’un certain public. Pourles besoins de son sujet, l’auteur amis en scène des fonctionnaires etmagistrats faciles à reconnaître : ainsiM. Massin n’est autre que M. Macé, lechef du service de sûreté, si justementapprécié par les Parisiens , pour safinesse et son extrême amabilité ;M .Barbot est sans doute M.H. Guillot,un des juges d’instruction les plusconsidérés au Palais. A côté de cespersonnages honorables, figurent,dansle livre de M. Ducret, divers coquinset coquines, vraisemblablement peintsd’après nature et dont les dossiersjudiciaires pourraient sans doute faireconnaître les véritables noms ; maisil n’y a véritablement aucune utilité às’occuper davantage ici de ces misé-rables.
PEACOK’S (THOMAS LOVE)COLLECTED WORKS : IncludingLis Novels, Fugitive Pièces, Poems,Criticisms, etc. Edited by HenryCole , with Préfacé by Lord Hougb-ton. With a Biographical Sketch by
his Grand-Daughter. — London ,Richard Bentley and son, 1875,3 vol. in-8, portrait. Prix :31 sh. 1/2.
Plusieurs écrits de cet auteur, peuconnu en France mais fort estimé enAngleterre, rentrent dans la catégoriedes livres à clef. Pour n’en citer qu’unexemple, dans « Niglit-Mare Abbey »(l’Abbaye du Cauchemar), Peacok aplacé des personnages réels sous desnoms supposés. Ainsi, Flockey, c’estColeridge , appelé aussi Mystic, dansun autre écrit ; Scythrop, c’est lepoète Shelley , qui fit des vers enl’honneur de notre auteur; Cypress,c’est lord Byron , etc., etc. On trouvedans la Revue d’Edimbourg (juillet1874) une intéressante étude sur Pea-cok et sur ses œuvres.
PETITE (LA) DUCHESSE, parAlexis Bouvier. — Paris , Marpon etFlammarion, 1883, in-18, 3 fr. 50.
SOLANGE DE SAINT-LUC, parAlbert Delpit. — Paris , Paul Ollen-dorff, 1885, in-18, 3 fr. 50.
Ces deux volumes ont été inspiréspar le même procès célèbre. Il s’agitde l’instance en déchéance de tutelleintentée à la requête de M m ' la du-chesse douairière de Chevreuse contresa bru M me la duchesse de Chaulnes,morte peu de temps après la clôturede ces tristes débats. La première deces productions n’est guère qu’unemise en œuvre des comptes-rendus dela « Gazette des Tribunaux»; on yvoit la belle-mère et la Petite duchessese disputer avec acharnement les mil-lions attachés à la tutelle des enfantsdu duc de Chaulnes. — Le livre deM. Albert Delpit , beaucoup plus litté-raire, peint d’une manière très sympa-thique Solange de Saint-Luc, autre-ment dit madame de Chaulnes, dont