LES LIVRES A CLEF
I I03
— Paris, P. Jannet, 1853. (Biblio-thèque Elzévirienne), in-18 de xxiv-320 p.
Inutile d’insister sur ce livre célèbreet sur ses innombrables éditions. —Bornons-nous à mentionner ce que ditVigneul-Marville (Dom Bonaventured’Argonne, chartreux) dans ses « Mé-langes d’histoire et de littérature, »(T. I, p. 280-281), au sujet de la clefdes Maximes :
« J’ai, dit le savant religieux, unexemplaire de ces Maximes, avec uneclef de la plupart de ceux dont l’au-teur a voulu parler. Par exemple, ona marqué M. le duc d’Epernon à côtéde cette maxime, qui est la 342 :« L’accent du pais où l'on est né de-meure dans l’esprit et dans le cœur,comme dans le langage. » (D’autresont vu là une allusion soit à Mazarin ,soit à M m » de Rohan, abbesse de Mal-noue.) A côté de cette autre, qui estla 3g3 : « L’air Bourgeois se perdquelquefois à l’Armée ; mais il ne seperd jamais à la Cour a; on a marquéM. Le Tellier. » (D’autres ont cru re-connaître Colbert .) — La 71» maximede la seconde partie : « Il faut demeu-rer d’accord, à l’honneur de la vertu,que les plus grands malheurs des hom-mes sont ceux où ils tombent par lescrimes, » a été faite par M. le chevalierde Rohan. Je laisse les autres. »
Comme le faisait judicieusement ob-server M. G. Duplessis, la clef quepossédait Vigneul-Marville devait êtrebien sujette à caution, ainsi que ledénotent les additions que nous avonsmises entre parenthèses. 11 en est,hélas ! de même pour bien des clefs;mais cela ne nous empêche pas deregretter vivement que la clef du bonchartreux ne soit pas venue jusqu’ànous. Il y a là un essai d’interpréta-tion et d’application bien curieux àfaire et bien digne de tenter quelquepatient et sagace érudit.
IIO4
REINS (LES) CASSÉS, parErnest Daudet. — Paris , Plon,1885, in-18, 3 fr.
Dans ce roman, publié en i883 dans« le Gaulois , » l’auteur a mis en scènetout le monde de la finance et dé-voilé tous les tripotages des boursi-cotiers. — Les portraits, assure-t-on,abondent dans ce volume ; on s’estplu notamment à reconnaître le fa-meux M. Phil.., dans le héros du livre,le financier effronté, dont M. ErnestDaudet a dépeint l’apothéose et lachute finale.
RELATION DE CE QUI S’ESTPASSÉ DANS LA NOUVELLE DÉ-COUVERTE DU ROYAUME DEFRISQUEMORE. — Paris , Tho-mas Jolly, 1662. In-12. de v f. et118 p. avec une carte.
Ce petit volume, généralement classéparmi les Voyages imaginaires, n’estautre chose qu’une production allé-gorique dont M. P. Lacroix a décou-vert la clef en lisant la page 6t. —« Le royaume de Frisquemore, y est-ildit, est ainsi appelé par les habitantsdu pais d’un mot hébreu corrompuqui signifie froid. » C’est en effet léroyaume de la froideur et les pro-vinces qui le composent ne sont au-tres que des personnes de la connais-sance de l’auteur : La Sainctyonide,Saint-Yon ; — la Clauqellique, Clau-zel; — la Touronnide, Touron ; — laDufresnence, Dufresne, etc. Il s’agiraitmaintenant de retrouver quelquesrenseignements relatifs à ces types dela froideur. Quant à l’auteur, qui si-gne de S., ajoute M. P. Lacroix, ladédicace à messire Gaston Goth, ducd’Epernon , sire de Lespare, marquisde Rouillac, c’est certainement CharlesSorel de Souvigny, auquel on doitdéjà un ouvrage allégorique du mêmegenre : « Relation de ce qui s’est passé