LES LIVRES A CLEF
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plus de classer parmi les romans dechevalerie. Il a établi, en outre, quec’est, sous des noms supposés, unehistoire véritable, dont le sujet est lemariage de Charles VIII avec Anne deBretagne ; la victime de la verve co-mique de l'auteur, le concurrent évin-cé, n’est autre que le vieil archiducMaximilien d’Autriche. Bornons-nousà renvoyer, pour plus amples détails,à l’édition de M. de Montaiglon, quidoit se trouver aux mains de tous lesbibliophiles.
ROUGE (LE) ET LE NOIR, chro-nique du xix e siècle, par de Sten-dhal (Henri Beyle). — Paris , Leva-vasseur, 1830, 2 vol. in-8, 15 fr.;ou 1831, 6 vol. in-12, 15 fr. Fré-quemment réimprimé depuis.
Nous empruntons, sur ce roman fa-meux, l’article suivant publié dans leJournal des Débats du 23 mars 1886 :
« Le Rouge et le Noir , # roman a clef
« Nous trouvons dans la dernièrelivraison du Curieux l’article suivantqui démontre que le Rouge et le Noir est un roman à clef. Voici ce que nousapprend M. Nauroy :
Une note de Stendhal , placée à lafin de son roman le Rouge et le Noir ,donne à entendre qu’il n’a fait queraconter une histoire vraie; et, eneffet, c’est un roman à clef. Il paruten i83o, et les faits qu’il retrace sepassèrent en 1827 et 1828. Stendhal habitait alors le château de Thuellin(Isère ), et non loin de là se trouve lechâteau de Brangues, où a vécu cellequ’il appelle Mme de Rénal , de sonVr ai nom M“ e Michoud, alors fort jo-lie, et qui est morte vieille (ce quin’arrive pas dans le roman). Elle étaitla belle-sœur du conseiller à la Courde Grenoble, Michoud, qui fut éludéputé de l’Isère en 1827.
La famille Michoud, qui existe en-core, était dès lors influente dans le
; pays. M me Michoud avait trente-six ansI en 1827; son mari en avait cinquante-: deux, quand tous deux reçurent sousj leur toit, comme instituteur de leursj enfants. Julien Sorel, de son vrai nom| Antoine Berthet, âgé de vingt-cinq ans,: fils du maréchal-ferrant de Brangues; (1822), entré au petit séminaire de; Grenoble en 1818.
Mme Michoud aima Berthet et en fut; aimée ; avant un an, le mari renvoyaj Berthet. Il entre alors au petit sémi-! naire de Belley , y reste deux ans, puisj au grand séminaire de Grenoble , d’oùi il est renvoyé ; il revient chez sa: sœur, mariée à Brangues, d’où il écrit: à M me Michoud des lettres de repro-f che, de jalousie. Puis il se place com-; me précepteur chez M. de C.., (Cer-j teau : La Mole dans le roman), est; aimé de M 11 * de C.... qui lui fait des: aveux comme dans le roman. Tout se! découvre; on le renvoie. Il essaye vai-; nement de devenir prêtre. Il dit alors: de M m = Michoud : « Je veux la tuer. »En juin 1827, il entre chez M“ Trolliet,notaire à Morestrel, pour 200 fr. degages. Sa dernière lettre est adresséeau mari de M“ e Michoud ; on y lit cesparoles bien dignes de Julien Sorel etque je ne retrouve pas dans Stendhal :« Il est bien fâcheux que j’aie manquéla carrière à laquelle je me destinais ;
! j’aurais fait un bon prêtre ; je sensj surtout que j'aurais habilement remué! les passions humaines ! »
L’ambition déçue, la jalousie lej poussent au crime. Le dimancheI 22 juillet 1827, il se rend à l’église de; Brangues, se place à trois pas du bancj de M m ” Michoud, la voit venir avec; M“« Marigny, son amie, et tire, auj moment de la communion,deux coups,j un sur elle, un sur lui (dans le ro-j man, il tire les deux coups sur elle).
Le procès commença à Grenoble lei t5 décembre. « Jamais les avenues de; la Cour d’assises n’avaient été assié-■ gées par une foule plus nombreuse,f On s’écrasait aux portes de la salle.
; On devait y parler d’amour, de jalou-