les courants de la mer, usait les bancs et les plages, en arrachait desparties, en détachait des particules. L’érosion se manifestait partout oùla mer pouvait exercer son action démolissante et destructive pendantdes siècles. Et par cette action de la mer les terres diluviennes, com-posées de matières meubles et peu cohérentes, se sont modifiées dansleurs contours, elles se sont arrondies et en partie détruites. Certaine-ment les effets destructeurs des eaux de la mer avaient beau jeu surdes dépôts aussi peu cohérents que ceux qui formaient le sol dansl’époque diluvienne.
Forchhammer, dans ses Geognostisc/ie Studien am Meeres-TJ fer 1 ) dit,en parlant de l’action lavante ou baignante des eaux de la mer sur desdépôts de sable avec cailloux: „Un exemple des plus intéressants sevoit sur la langue de terre d’Agger. Cette langue de terre, après l’inon-dation de l’année 1825, avait une hauteur d’environ dix pieds, et con-sistait de sable avec beaucoup de cailloux roulés. Depuis ce temps l’eau,qui ne submerge ces terres que pendant des flux très hauts, a emportépeu à peu le sable et l’a déposé dans le Liimfjord, où il a formé unvaste banc de sable. A présent la langue de terre n’a qu’une hauteurde quatre pieds, et elle est recouverte d’une couche de cailloux roulés,le reste des couches épaisses de jadis.”
La mer ne peut pas retenir dans ses eaux les matières solides qu’ellea détachées des terres: quand le vent s’apaise, quand les vagues rede-viennent tranquilles, quand la tempête se repose, les matières tenuespendant quelque temps en suspension, se précipitent, elles coulent àfond, elles se déposent dans les dépressions, dans les creux, dans lesfosses, dans les lieux bas du lit de la mer. De cette manière des massesénormes de sable ont été déplacées et remaniées dans les temps passés,et à présent ces masses forment les dépôts qui sont indiqués sur macarte par la teinte rose. C’est le remaniemènt de ces niasses qui m’aporté à proposer pour elles la dénomination de diluvium remanié; cesont les masses qui ont été appelées le diluvium sableux par Staring.C’est par la précipitation de ces sables qlie nos collines diluviennes ontété recouvertes d’un manteau de sable; que les petites vallées entre cescollines ont été obstruées par du sable; que presque partout dans notrepays la surface des dépôts diluviens est composée de sable sans cailloux.
Une quantité énorme de ce sable remanié, détachée des dépôts dilu-viens de la Néerlandc et des lits de diluvium à cailloux roulés dans laBelgique , fut entraînée vers l’ouest et le sud par les courants, et forma
') N eues Jahrbuch von L koniiard & Bronn, 1841-, p. 23.