24 CONSIDÉRATIONS GÉOLOGIQUES SUR l/oRIGINE DU ZAND-D1EUVIUM,
dans la Campine néerlandaise et belge ce dépôt de sable sans cailloux,qui a été nommé le sable campinien par Dumont. Ce sable cam-pinien est la meilleure preuve que si la politique a fixé des frontièresentre la Belgique et la Néerlande , cependant la géologie, l’ethnologieet la linguistique nous apprennent que les deux peuples ne font qu’unseul. En effet, dans la plus grande partie de la Belgique , partout où leflamand est la langue des autochtones, nous autres Néerlandais nous yretrouvons, à part notre langue, nos polders, nos plaines, nos prairies,nos dunes, nos bruyères, nos tourbières, nos tours à carillon, noskermesses.
Le sable campinien a été décrit par tous les géologues belges qui sesont occupés de cette partie du sol de la Belgique . Nous ne citeronsque les suivants: Omalius d’Halloy dit: *) „Au nord du Dcmer et dela Nèthe s’étend, entre l’Escaut et la Meuse , une contrée connue sousle nom de Campine , et qui, sous le rapport politique, est partagéeentre le royaume de Belgique et celui des Pays-Bas . Cette contrée esttrès basse, extrêmement unie et fort stérile, le sol y étant en généralcouvert de bruyères et de marais, à l’exception cependant des partiesqui avoisinent les fleuves, qui sont au contraire très fertiles. On a aussimis en culture les bords des canaux et les alentours des lieux habités,qui forment des oasis au milieu des bruyères.” Et page 547 de l’ouvragecité, l’auteur dit: „Dans la Campine et dans une partie de la Flandre le dépôt caillouteux” (analogue au diluvium méridional néerlandais ,comme nous l’avons démontré plus haut) „est accompagné et souventrecouvert par des sables ordinairement blanchâtres, mais passant au jau-nâtre, au brunâtre, au noirâtre, au verdâtre. Ces sables déterminentdans la Campine l’existence de vastes bruyères et lorsqu’ils ne sont pasfixés par la végétation ou par des marais tourbeux, ils sont très mobi-les, tendent à faire des rides que l’on pourrait appeler des dunes ter-restres et à envahir les portions cultivées, mais en Flandre , où leshabitants ont travaillé depuis longtemps à leur amendement, ils sontdevenus productifs. Les fossiles y sont extrêmement rares, mais on ytrouve quelquefois des restes de mammouths et d’autres animaux qua-ternaires.”
Le savant que nous venons de citer, s’exprime ensuite à l’égard dela relation entre le sable campinien en le zand-diluvium de Staring, dela manière suivante: 2 ) „Dumont avait désigné ces sables par l’épithètede Campiniens, et lorsqu’il a proposé d’en faire un système particulier
') Omalius d’Halloy, Précis élémentaire, p. 500.’) Omalius d’Halloy, Précis élémentaire, p. 517.