50 CONSIDÉRATIONS GÉOLOGIQUES SUR l’oRIGINE DU ZAND-DILUVIUM,
tes, à l’exception de quelques mousses et graminées. On prétend cependantque ces collines un jour étaient boisées. C’est une question intéressante desavoir dans quelle mesure la nudité des dunes actuelles peut être imputéeà l’insouciance et à l’avidité de l’homme. Il y a dans la France occiden-tale de larges rangs de dunes recouverts d’anciennes et d’épaisses forêts,tandis que les collines de sable récentes entre ces rangs et la mer sontdénudées et totalement privées de végétation; elles s’avancent rapide-ment vers les dunes boisées, en menaçant d’ensevelir ces dernières sousleurs sables mobiles. La seule différence qu’on puisse trouver entre lesdunes anciennes et les dunes modernes, dans les matériaux et dans lastructure, c’est que les modernes sont nues et mobiles, tandis que lesanciennes sont vêtues de végétation et fixes. On a cru que les habitantsprimitifs de la Gaule avaient planté des arbres sur les dunes, mais cettesupposition n’est pas fondée.
Dans quelques endroits les dunes ont été recouvertes de forêts par lanature, et la rapidité avec laquelle leur surface est revêtue de différentesespèces de plantes arénacées et enfin d’arbres aux endroits où l’homme etson bétail, et surtout où le lapin est exclu, rend cette opinion très probableque les dunes en général se protégeraient elles-mêmes, si elles étaientconfiées à l’action tranquille de causes naturelles. Les collines sableusesdu Frische Nehrung sur la côte baltique de la Prusse, étaient boiséesjadis jusqu’au bord de la mer, et ce n’est que par la destruction desforêts dans le siècle passé qu’elles sont devenues des sables mobiles. Ily a beaucoup de raisons pour croire que les dunes néerlandaises étaientrecouvertes de forêts jusqu’après l’invasion romaine. Les vieux géogra-phes, en décrivant ces contrées, parlent de vastes forêts qui s’étendaientjusqu’au bord de la mer, mais les collines de sable mobiles ne sontmentionnées, pour la première fois, que par les chroniqueurs du moyenâge. Staring dit que si les dunes des côtes néerlandaises et françaisesdans le temps de l’invasion romaine, avaient ressemblé aux collinesmobiles et mouvantes de nos jours, on ne conçoit pas qu’elles auraientéchappé à l’observation du géographe Strabon , et le silence absolu deJules César , de Ptolomée et de l’encyclopédiste Pline à l’égard de cescollines ne serait pas moins inexplicable.
„La langue antique du nord, l’ancien dialecte danois, quoique richeen termes expressifs propres à peindre des scènes de la nature, n’apoint de nom pour la dune, et je ne me souviens pas que les monti-cules sableux de la côte soient mentionnés dans la littérature islandaise.Les Islandais de nos jours, en parlant des dunes de Jutland , les appellentKleitr, colline, côte escarpée, et le mot danois Klit en est dérivé. Le mot