52 CONSIDÉRATIONS GÉOLOGIQUES SUR l/oRIGINE DU ZAND-DILUVIUM,
ningue se trouve à 1800 mètres du lieu où était bâtie l’église précé-dente. Sur le rivage des îles Voorne et Goedereede on trouve souventdes restes d’habitations, qui auparavant se trouvaient au pied internedes dunes: les dunes ont dépassé totalement ces lieux. De nos joursencore les dunes se déplacent quelquefois très rapidement: en 1799 unearmée russe et une armée anglaise mettaient pied à terre sur la côteoccidentale de la Hollande septentrionale , aux environs du village deCastricum, et dans les dunes ils livraient une bataille à l’armée fran-çaise de la république batave. Les morts des deux côtés furent enterrésdans une petite vallée au pied oriental d’une dune très haute. Soixanteans plus tard, cet ancien champ de bataille fut choisi pour servir auxrecherches que l’on faisait alors sous la direction de feu le Dr. Staring, dansle but de fixer des semis de pins dans les dunes. En creusant la terreon trouva des squelettes à barbe et cheveux noirs de Russes et deFrançais et à cheveux roux d’Anglais , mêlés à des sabres, des fusils,etc. Mais on ne les trouvait plus au pied oriental de la dune où ilsavaient été enterrés; au contraire, ils gisaient maintenant au pied occi-dental de la dune, car ce grand monticule de sable s’était, promené pardessus le grand tombeau, poussé par le vent d’ouest, dans le coursde ces soixante années.
Partout le long des côtes de la mer du Nord on observe ce déplacementdes dunes. Dans les îles le long de la côte de Sleswig-Holstein la mer avan-çait visiblement vers l’intérieur des terres. Au commencement du derniersiècle, les dunes, qui avaient protégé la côte occidentale de l’île deSylt, commençaient à s’avancer vers l’orient, et la mer les suivait piedà pied à mesure qu’elles s’avançaient. En 1757 on fut obligé de dé-molir l’église de Rantum , un village de cette île, comme une consé-quence nécessaire de l’avancement des dunes: en 1791 ces collinesavaient dépassé le lieu, les vagues de la mer gagnaient si rapidementsur les terres que, cinquante ans plus tard, le lieu où elles se trouvaientétait à une distance de sept cents pieds de la côte. 1 ) Le même phéno-mène s’observe sur le littoral de la France . M. Elisée Reclus 2 ) dit, enparlant des dunes d’Arvert”: Un ancien proverbe, bien connu dans laSaintonge , dit que ,,les montagnes marchent en Arvert.” Quelques-unesse sont arrêtées, fixées par des semis, et sont maintenant transforméesen simples tertres boisés. Partout ailleurs les dunes d’Arvert marchentencore, et le moindre vent y soulève des nuées de sable, pareilles aux