Band 
Tome premier.
Seite
8
JPEG-Download
 

8 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

dernière fois que je vous ai écrit, ma lettre était datéedu camp de l’Oued-el-Alleg; aujourd’hui, nous sommesrentrés au camp inférieur de Blidah , mais dans quelétat! Sur quatre-vingt-douze hommes de ma compagniepartis pour le camp de l’Oued-el-Alleg, il en est rentrévingt-huit, après trente-cinq jours d’absence!

Nos malheureux soldats, minés par les fièvres prisesdans les marais de Bougrouthel et à l’Oued-el-Alleg, en-combrent aujourd’hui les hôpitaux de Douera et d’Alger .Le nombre considérable de malades est dû surtout à unposte situé à une lieue et demie du camp et tout à faitau milieu des marais. Sur cinquante hommes que macompagnie a fournis et qui ont passé là dix jours, cin-quante sont entrés successivement à l’hôpital, huit àdix jours après leur retour du blockhaus. Deux autrescompagnies ont éprouvé à peu près les mêmes effets;sur quatre officiers, trois sont à l’hôpital; d’Altonseul a résisté. Et ce n’est qu’après une aussi cruelleexpérience qu’on s’est décidé à abandonner ce posteaux indigènes auxiliaires, et à faire relever nos malheu-reux soldats...

Nous sommes donc à présent au camp inférieur,cherchant à nous remettre et à remettre le moral denos hommes. Quand je vois ma compagnie si belle, sinombreuse naguère et si faible aujourd’hui, je me sensle cœur gros !

Ces jours derniers, une vingtaine d’Arabes sont venusenlever huit mulets et blesser deux hommes du traindes équipages, entre deux postes espacés de six cents