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Tome premier.
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ALGÉRIE .'

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26 janvier 1840.

Mon cher père,

Les journaux vous ont sans doute donné de grandsdétails sur le brillant combat livré par le maréchal.S’ils n’ont puisé que dans le rapport officiel, je doutede leur exactitude. Comme je vous l’ai dit dans malettre du 31 décembre, c’est réellement une fort belleaffaire, dans laquelle le maréchal a payé de sa per-sonne; mais, en réalité, je crois pouvoir le dire, toutle mérite du succès revient au colonel Changarnier . Lettiaréchal Valée est assez grand personnage pour n’avoirPas à souffrir de la gloire acquise par son subordonné.

Le sont les tirailleurs du 2 e léger qui, les premiers, ontaperçu l’ennemi. C’est le brave Changarnier qui, aprèsavoir disposé son régiment en colonne, s’est porté versle maréchal et lui a demandé la permission d’aborderà la baïonnette l’infanterie régulière de l’Émir. LeMaréchal hésitait, il trouvait la distance trop grande.“ Je connais les jambes de mes hommes, a répondu le“ colonel, j’en réponds. Je vous en supplie, monsieur11 le maréchal, donnez-moi l’autorisation de charger à.* la baïonnette... » Vaincu par cet entrain, le maréchala fini par lui dire : «Eh bien, allez!...» Alors, d’unmouvement spontané, cavalerie et infanterie se sontprécipitées sur le bataillon, qui, après avoir lâché sonf eu, a tourné le dos et s’cst enfui en désordre.,