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Tome premier.
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18 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

laissés parfaitement tranquilles tout le reste du jour.

Cette affaire nous a mis cinquante et un hommes etdeux officiers hors de combat. Les pertes ont dû êtretrès considérables du côté des Arabes , car il faut qu’ilssoient rudement poussés pour abandonner leurs mortssur le champ de bataille (1).

La colonne (2) vient enfin d’arriver ; il était temps !Depuis hier nous n’avions plus de viande et nous man-gions aujourd’hui notre dernier morceau de pain ! Nousallions en être réduits au biscuit, et pourtant il y ahuit jours que nous en étions aux trois quarts de ration.L’insouciance du maréchal Yalée pour tout ce qui tou-che au bien-être de la troupe est vraiment surprenante.Nous en avons eu plus d’une preuve. Je ne puis m’em-pêcher de trouver aussi qu’on est bien avare de citations.Notre régiment n’a reçu aucun encouragement depuisdeux mois que nous sommes ici à supporter des fati-gues, des privations de tous genres, combattant chaquejour. Deux cent quatre-vingts hommes et onze officiersont été tués ou blessés ; la ville a été bombardée, un

(1) Ce combat, connu sous le nom de « Combat du Bois-Sacré » , n'aété vu par le sous-lieutenant Ducrot que sous un aspect tout spécial : lejeune officier n’a pu se rendre compte de l’ensemble, ni de l’importancede l’affaire à laquelle il prenait part.

Le 24° n’eut qu’à contenir les Arabes de front. Changarnier , qui, deBoufarik , surveillait la plaine, sortit avec ses troupes disponibles deuxbataillons du 2 e léger et quatre obusiers, et, se jetant sur le flanc gauchede l’ennemi, décida de la victoire, tandis qu’une de ses compagnies, com-mandée par le capitaine Leflô, paralysait, avec l’aide de deux obusiers, legros de la cavalerie arabe. Ce fut le 2 e léger qui, dans ce combat, eut Igrôle décisif et subit les plus fortes pertes*

(21 Golonue de ravitaillement.