24 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
montagne, et nous avons eu quelques hommes blessés. :
Je me trouvais en tirailleur avec une section de |grenadiers, et j’ai eu l’occasion de faire le coup de |fusil; une balle même est passée assez près de moi pour ; :laisser une légère trace sur ma cuisse. La Chiffa passée, ynous avons continué notre route sans être inquiétés, et jnous sommes arrivés le soir au bord de l’Oued-Dja, où ■l’on a bivouaqué. Le lendemain, de bonne heure, nousavons traversé la rivière et nous nous sommes dirigés |sur les montagnes de Ghenoa, que nous apercevions |devant nous, un peu sur la droite. La cavalerie arabe fde Ben-Àllal s’était rassemblée, et vers le milieu de lajournée une vive fusillade s’est engagée avec l’arrière- jgarde, fusillade qui ne nous a pas empêchés de conti- jnuer notre marche, et le soir nous sommes arrivés au ipied de la montagne, où nous avons trouvé la colonne >•du maréchal et celle du général d’Houdetot déjà réunies, i-jLe troisième jour, l’armée entière entra dans les mon- |tagnes et prit la route de Cherchell . Nous avons fait peu flde chemin dans cette journée. Nous avions avec nous )de l’artillerie de campagne qui retardait beaucoup notre ’marche. Il fallut plusieurs fois s’arrêter pour faire desrampes praticables aux grosses pièces. i.
Tout ce pays, que nous parcourions pour la première j: ;fois, est d’une beauté remarquable; il est fertile, bien fcultivé et arrosé par de nombreux cours d’eau. A chaque |pas l’on retrouve des souvenirs du peuple romain. Ce 1sont des ponts fortifiés qui défendaient des passages ouqui dominaient des vallées, des aqueducs qui portaient