26 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
longues et les maisons couvertes en tuiles. Outre lesruines romaines qui couvrent le sol, il existe encoredeux forts de construction espagnole défendant le pont.
Nous avons bivouaqué pendant quatre jours devantCherchell ; on s’est occupé promptement d’évacuer lesblessés sur Alger et de mettre la ville en état dedéfense.
Nous sommes partis le 19 au matin, laissant le 17 e etle 1 er bataillon d’Afrique pour occuper la ville et lesblockhaus. Nous nous attendions à être vivement atta-qués; mais nous n’avions plus toutes ces grosses pièceset ces bagages qui nous avaient gênés en allant, et nousétions en mesure de bien recevoir l’ennemi. Contrenotre attente, nous ne vîmes le premier jour que quel-ques Kabyles, et nous vînmes camper le soir au piedde la montagne. Le second jour a été réellement unemarche forcée. Le temps était devenu mauvais; il étaità craindre que les torrents grossis ne devinssent impra-ticables ; dans ce cas, notre marche pouvait être retardéede plusieurs jours.
Nous avons franchi la Métidja au pas de course, et, lesoir à huit heures, nous avons traversé la Chiffa, ayantde l’eau jusqu’au ventre et ne sachant trop où nousallions. Il a fallu plus de deux heures pour réorganiserla colonne, et l’on a pris le parti de bivouaquer surl’autre rive.
Quelque aventureuse que fût cette marche, on nesaurait la blâmer, car le lendemain la Chiffa n’étaitplus franchissable.