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ï ordre de déposer à la ferme tout ce qui pouvait embar-1- asser les hommes pour gravir les montagnes. Nousdevions former l’avant-garde.
Passer le col était un événement. Déjà deux fois, en1830 et 1836, on l’avait franchi, mais toujours par sur-prise et en perdant beaucoup de monde. Une compa-gnie entière du 35 e y fut écrasée à coups de pierresen 1830. Or, aujourd’hui que la guerre a pris un carac-tère beaucoup plus sérieux, nous pouvions nous attendrea trouver des retranchements et du canon dans cespassages déjà fortifiés naturellement. L’entreprise étaitdonc un peu hasardeuse, surtout ayant à notre tête lePrince royal, dont on connaît l’audace.
La veille, un grand conseil avait été tenu pour savoirs il ne vaudrait pas mieux chercher à passer par la valléede l’Oued-Dj er. C’était l’avis du maréchal; mais le Princetenait à passer par le col, et, comme la nouvelle routee tait entièrement inconnue et qu’on pouvait y rencon-trer des difficultés imprévues, on se décida pour le col.
Le 12, au point du jour, toute l’armée s’est mise enMarche. Pendant deux heures nous avons gravi la mon-tagne sans voir d’ennemis, si ce n’est quelques Kabyles•fui criaient en fuyant : « Arrivez, arrivez, nous vousavons préparé un bon déjeuner! » A neuf heures,tangue halte pour laisser à l’armée le temps de se ras-sembler et préparer les hommes à donner le fameuxcoup de collier (1). De la position où nous étions, nous
(1) Le plateau sur lequel se fit cette balte a conservé le nom de“ Plateau du Déjeuner » .