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Tome premier.
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SS. CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

apercevions les crêtes se garnir de défenseurs, et, àl’aide de longues-vues, on reconnut qu’il y avait desretranchements sur tous les points accessibles.

La route est dominée à gauche par des montagnes àpic; à droite, s’ouvrent des précipices dans lesquels unfaux pas peut vous faire rouler. Pour passer, il fallaits’emparer avant tout des crêtes de gauche, et la clef detoutes ces positions se trouve au pic cle Mouzaïa (1),haute montagne qui domine toutes les autres. LesArabes l’avaient si bien compris que, depuis le piedjusqu’au sommet, cette montagne était garnie d’uneligne de retranchements, grossièrement construits, maisnéanmoins très forts, à cause des difficultés du terrain.La deuxième brigade fut désignée pour enlever cetteposition. On nous adjoignit trois compagnies du 41 8 .

Le duc d’Orléans vint nous voir un instant avant ledépart. Enfin le signal est donné. Nos quatre bataillons,serrés en masse, s’ébranlent en silence et marchent aveccalme.

Tout à coup une ligne de canons se montre derrièreles parapets ! derrière chaque rocher on aperçoit unetête ; un hourra formidable se fait entendre, et desmilliers de balles arrivent dans nos rangs. A ce moment,le général Duvivier et le colonel Changarnier s’élancentà la tête de la colonne en criant : « En avant, à labaïonnette ! » Les tambours battent la charge, les clai-rons sonnent, et le cri de : « En avant ! en avant ! » sa

(1) Appelé aussi Djebel-Enfous.