Band 
Tome premier.
Seite
38
JPEG-Download
 

38 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

il ne s’agit plus de nomades campant un jour dans unendroit et le lendemain dans un autre, mais bien decitadins, habitués à mener une vie paisible, aisée, degens qui ont abandonné leur toit, leur maison patrimo-niale, délaissé leurs propriétés, leur industrie, pourerrer dans la plaine et peut-être y mourir de faim!

Ce sont les mêmes hommes qui, en 1831, faisaientle coup de fusil dans les rangs de nos soldats et qui,en 1836, venaient au-devant de l’armée et deman-daient un Bey au maréchal Glauzel !

Le 18 mai, le gouverneur général s’est décidé à faireconnaître à l’armée que le général Duvivier était nommécommandant supérieur de laprovince de Titeri, capitaleMédéah, et que la garnison de cette ville se composaitde deux bataillons du 28 e , d’un bataillon du 24 e et d’unbataillon du 58 e . Nous voilà donc en garnison àMédéah. En fait de chaussures et de vêtements, nouspossédons ce que nous portons sur nous ; vous pouvezvous figurer dans quel état ils sont après vingt jours decourses au milieu des pierres et des broussailles ! Enfait de douceurs, les vivres de campagne, c’est-à-dire lepain de munition et la demi-livre de viande, juste dequoi ne pas mourir de faim ! Tout cela ne nous empêchepas d’avoir bon pied, bon œil, de rire de notre misère etde pester contre le maréchal qui devait revenir au boutde quinze jours et n’a pas encore reparu, aujourd’hui13 juin (1). Nous travaillons chaque jour à fortifier la

(t) Après la prise de Médéah, où on laissa garnison, le maréchal Valéereprit le chemin du col, le 20 mai. Son arrière -garde, attaquée au bois