48 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
Encouragés par cette vue, les cavaliers qui nous sui-vaient depuis la pointe du jour ont poussé un hourraet chargé sur nos derniers tirailleurs ; ceux-ci ont étéentamés un instant ; mais les réserves, arrivant au pasde course, les ont bientôt refoulés. Sur la droite,l’affaire était plus sérieuse; les fantassins ennemis, dés-espérés de voir qu’ils avaient été prévenus et que lespositions étaient occupées, ont tenté un dernier effort.La fortune a semblé leur sourire un instant; mais, denombreux renforts nous arrivant sur ce point, ils ontété culbutés dans les ravins, et un grand nombre de leurscadavres sont restés entre nos mains. Nous avons euune vingtaine de blessés.
Dès que le convoi eut pénétré dans Milianab, nousabandonnâmes toutes ces positions, et l’armée entièrealla bivouaquer dans la plaine, au bord d’un petit ruis-seau qui se jette dans le Ghéliff.
Piien ne nous pressant plus, nous avons repris tran-quillement la route de Médéah, toujours suivis par unenombreuse cavalerie arabe. Les réguliers marchaient àhauteur dans la montagne, mais ils se sont gardés denous attaquer. Ils se sont contentés de nous saluer dequelques coups de canon sans produire d’effet.
Le général Changarnier a profité habilement de tousles accidents du terrain pour attendre la cavalerie qu’ilchargeait à la baïonnette, lorsqu’elle se trouvait tropengagée. Il a su également tirer un excellent parti deson artillerie. En résumé, nous avons fait beaucoup demal à l’ennemi et n’avons éprouvé que peu de pertes.