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devait tourner l’ennemi de façon à lui couper touteretraite.
Une fois cette manœuvre effectuée, toute la lignedevait faire un mouvement offensif, de sorte que l’en-nemi, entassé dans le ravin, se trouvait à notre dis-crétion .
Par un malentendu inconcevable, le 58 e a marchéavant que le 17 e eût gagné sa position.
Le mouvement commencé, il n’y avait plus à hésiter,toute la ligne s’est portée en avant; en quelques minutes,l’ennemi a été culbuté, et nous sommes arrivés pêle-mêle avec lui dans le ravin.
Là, cent cinquante Kabyles environ ont été tués àcoups de baïonnette, et plus de deux cents ont étéatteints par le feu de l’infanterie; mais le plus grandnombre est parvenu à gagner le sommet du ravin avantl’arrivée du 17 e léger, et s’est sauvé.
Toutes les dispositions étaient admirablement prises;sans ce fâcheux malentendu, il est certain que la plusgrande partie de ces Kabyles, et peut-être les trois ba-taillons réguliers, étaient à nous (1).
Malgré tout, la leçon a été bonne.
Dans cette affaire, le duc de Nemours a montré qu’ilne craignait pas d’exposer sa personne.
Il s’est trouvé un instant avec son état-major au mi-lieu des ennemis. Presque à côté de lui, j’ai tué un