74 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
Kabyle d’un coup de fusil, et un peu plus loin j’en aisabré un autre.
Le duc d’Aumale se trouvait sur la gauche avec notrepremier bataillon et n’a pas eu occasion de donner, cedont il enrage.
J’ai offert au duc de Nemours une poudrière quej’avais enlevée à un de ces Arabes, et au duc d’Aumalele fusil que tenait celui que j’ai sabré.
Le 4 mai, nous avons pris la route d’Oran et noussommes venus camper près d’un pont, sur le Chéliff,environ à cinq lieues de Milianah.
Le 5, au lieu de continuer notre route, nous avonspris à gauche en remontant la rive du fleuve, et, dans lamatinée, nous tombions à l’improviste sur des tribusqui se trouvaient au fond de la plaine.
Quelques escadrons réguliers de l’Émir ont engagéle combat avec nos éclaireurs, pour donner aux tribusle temps de filer; mais ils ont été vigoureusement char-gés par notre cavalerie, qui a fini par rejoindre dans leravin les fuyards entassés pêle-mêle : hommes, femmes,enfants, troupeaux... Le tout a été capturé et amenédans la colonne.
La prise se montait à cent vingt prisonniers, un mil-lier de boeufs, deux mille moutons, une centaine debêtes de somme, quelques chevaux harnachés et d’assezbelles armes. Nous sommes revenus coucher au bord duChéliff.
Le 6, on nous a fait prendre la route de la montagnepour venir occuper une position sur la crête dominant