16S CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
mois, nous le voyons reparaître aussi fort, aussi entre-prenant que par le passé.
Déjà il inquiète fortement la province d’Oran ; seslettres et ses émissaires jettent l’effroi jusque dans l’Est.
Nous ne saurions acheter par trop de sacrifices lamort ou la prise de cet homme extraordinaire, car luiseul peut donner aux populations dispersées cet en-semble de mouvements et cet accord qui nous forcentà être partout à la fois, pour ainsi dire, sous peine d’es-suyer de sanglants revers.
Abd-el-Kader mort ou pris, si nous ne sommes pasparfaitement tranquilles, du moins nous n’aurions àcraindre que des soulèvements partiels, faciles à répri-mer ; ce seront les derniers tressaillements d’un agoni-sant.
Le retour du maréchal est annoncé pour la fin dumois, et cette nouvelle est accueillie avec d’autant plusde joie que nous avons craint un instant de ne plus lerevoir. Il touchera, dit-on, à peine Alger , et se dirigeraimmédiatement vers l’Ouest.
Adieu, bon père.
Pardon, mon bon père, d’être resté aussi longtempssans vous écrire; je mène une existence tellement aven-tureuse que je n’ai pas le temps de compter les jours,et je me trouve tout étonné quand arrive la fin d un
mois.