172 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
Accompagné seulement de deux chefs arabes, danslesquels j’avais une entière confiance, je montai fière-ment tout droit au Djurjura (j’étais habillé en Arabe) etje traversai sans accidents les populations kabyles; jefus admirablement reçu par Ben-Salem, qui me donnales témoignages de la plus vive reconnaissance.
Il me fit connaître ses intentions, ses projets, lesmotifs qui s’opposaient à ce qu’il se rendît immédiate-ment à Alger , et me pria d’être son interprète auprèsdu maréchal.
Cette entrevue avait lieu le 9 janvier, et Ben-Salemme promettait que, dans un mois, il se rendrait chez legouverneur.
Sans perdre un instant, je fus à Alger rendre comptede cette entrevue.
Le maréchal parut très content des résultats quej’avais obtenus et m’engagea à presser le plus possiblel’arrivée du grand marabout.
Bien des lettres furent encore échangées.
Le maréchal étant venu le 25 février à Aumale , jepus enfin, le 27, lui présenter Ben-Salem, qui arrivaaccompagné de tous les grands chefs du Sebaou et dela Kabylie .
Il fut parfaitement digne et respectueux dans cetterencontre.
Voici à peu près le résumé de son discours à M. lemaréchal : « Nous avons combattu jusqu’à ce jour pourla défense de nos libertés et de notre religion; nousavons succombé dans la lutte, et, puisque Dieu vous a