174 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
Dans le récit, qu’il fait à son grand-père, des négociationsqui amenèrent cette soumission, le capitaine Ducrot omet lesdétails pour ne voir que l’ensemble, et oublie de parler desdifficultés qu’il eut à vaincre pour ne considérer que le résul-tat obtenu. Ces difficultés furent grandes pour lui cependant,et il risqua non seulement sa carrière, mais aussi sa vie.
Le général Trochu , alors aide de camp du gouverneur géné-ral, eut l’occasion d’appuyer son camarade près de ce dernieret de l’aider à mener à Lien « sa grande affaire ».
Récit inédit du général Trochu sur la soumissionde Ben-Salem.
Un jour, le capitaine Ducrot, venu de Médéah à Alger ,entra dans mon cabinet et, sans préambule, me déclaraqu’il jugeait possible d’amener, par des négociationshabilement et fermement conduites, Ben-Salem à lareconnaissance de l’autorité française et finalement à lasoumission. J’étais à la fois surpris et doutant, mais jeconnaissais trop l’auteur de cette proposition inatten-due, pour croire un seul instant qu’il ne l’eut pasenvisagée sous tous ses aspects de conception et d’exé-cution. Je le mis en présence du maréchal, qu’il étonnaau moins autant que moi, en exposant ses vues pourla réalisation desquelles il ne demandait qu’une auto-risation en blanc-seing.
Le gouverneur était d’ancienne date accoutumé à nojuger les affaires indigènes qu’à travers le jugement deleur directeur général (1), homme de mérite et de haute
(1) Le colonel Daumas.