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Je vous remercie beaucoup des de'marches que vousavez faites, je savais qu’un mémoire de propositionsavait été expédié par M. le maréchal dans les premiersjours d’avril. Je compte peu sur l’effet de cette propo-sition, parce que je ne suis pas encore très ancien capi-taine et que je n’ai pas le plus petit député dans mamanche; mais nous allons entreprendre une petitecourse à la suite de laquelle il est probable que M. lemaréchal renouvellera ses demandes.
Nos affaires marchent parfaitement dans ce mc-ment-ci, et, quoi qu’en disent les journaux, la courseque va entreprendre M. le maréchal est très oppor-tune. Il faut bien profiter des bonnes dispositions despopulations pour achever de briser l’opposition quiexiste; encore il faut assurer les communications deBougie à Aumale, et particulièrement de Bougie à Sétif ,et, dussions-nous brûler un peu de poudre pour arriverà un pareil résultat, nous ne devons pas hésiter un seulinstant (1).
Adieu...
(1) U s’agit de l’expédition que le maréchal Bugeaud se décida à entré- 1prendre au printemps de 1847, pour relier nos établissements de la provinced’Alger h ceux de la province de Gonstantine à travers la ICabylie. Jus-qu'il ce moment, les communications entre ces établissements n’étaientassurées que par mer, les tribus de la Grande Kabylie, interposées entreeux, rendant toujours aléatoires les relations par terre. En France , l’opi-nion publique, celle de la Chambre surtout, était fermement opposée àtoute operation dans la Kabylie , réputée inaccessible; le ministre, hési-tant entre la volonté manifeste de la majorité et la conscience qu’ilavait de l’utilité de l’entreprise, écrivit au maréchal Bugeaud , le 30 août,Une lettre dans laquelle il blâmait l’opération sans cependant l’interdire.Cette lettre, reçue par le maréchal Bugeaud, au moment où il allait partir