180 CORRESPONDANCE DU GENERAL DUCROT.
Bivouac des Beni-Abbc-s, 17 mai 18-W.
Mon bon père,
J’espère bien ne pas m’abuser en vous disant quedans un mois je serai auprès de vous.
À quelque chose malheur est bon! J’ai reçu hier uneégratignure qui me met pour quelque temps hors deservice.
Ne vous inquiétez pas : la balle n’a fait que traverserles chairs, et je souffre fort peu; néanmoins, j’en ai pourlongtemps, parce que les blessures de la cuisse sont tou-jours très longues, et j’irai près de vous pour achever deme rétablir.
Nous avons eu une magnifique affaire, admirable-ment menée par M. le maréchal en personne, et seule-ment une trentaine d’hommes hors de combat dans descirconstances où tout autre général en aurait perdu plu-sieurs centaines.
pour commencer la campagne, motiva cette réponse bien connue : « Ùest bien évident que je dois prendre sur moi toute la responsabilité del'œuvre dans toute la chaîne du Djurdjura. Je la prends en entier. Il 1°faut bien d’ailleurs, puisqu’elle m’est laissée; mais cela ne m’effraye pas.Je vous prierai seulement de remarquer qu’on serait mal fondé à nierépéter encore que je redoute la presse et l’opinion. Je monte à chevalpour rejoindre mes troupes. »
Le capitaine Ducrot, chef du bureau arabe d’Aumale , remplit à l acolonne les fonctions de chef des affaires indigènes, et, comme tel, futChargé de l’exploration.