198 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
Diverses circonstances, dont les principales furent une épi-démie de choléra et un été exceptionnellement chaud, empê-chèrent le généi’al Ilerbillon, qui commandait la province deConstantine , de venger aussitôt cet échec. L’audace des révol-tés s’en accrut, ainsi que leur nombre, et, s’attendant à uneattaque, ils ne négligèrent rien pour fortifier l’oasis. Ce ne futqu’à la fin de septembre que le général Ilerbillon fut en mesurede marcher sur Zaatcha, avec 4,500 hommes. Le 7 octobre,l’assaut donné contre deux points du mur d’enceinte crénelééchoua, et l’on dut se résigner à entreprendre un siège régu-lier des plus pénibles, qui donna lieu à diverses attaques par-tielles plus ou moins heureuses, mais toujours sanglantes.L’arrivée des renforts amenés par les colonels de Barrai etCanrobert tira enfin d’embarras la petite armée du généralIlerbillon. Malgré le choléra, qui décimait les assiégeantscomme les assiégés, l’assaut fut donné le 26 novembre, surtrois points, parles colonels Canrobert , de Barrai et de Lour-mel ; les brèches furent enlevées, mais il fallut ensuite prendreles maisons l’une après l’autre, et tuer jusqu’au dernier desdéfenseurs, qui se laissèrent ensevelir sous les ruines de laville.
Pendant ce long siège, les nomades sahariens n’avaient cesséd’inquiéter le général Herbillon, qui dut leur livrer plusieurscombats. Leur chef, Mohammed-ben-Hadj-Schrier, ancien kha-lifat d’Abd-el-Kader , déployait une extrême activité pour veniren aide aux assiégés, et s’efforcait de soulever toutes les tribusvoisines, afin de couper les communications du général Iler-billon et d’affamer ses troupes. Aussi fut-il nécessaire de créerdes colonnes mobiles, destinées à assurer les derrières du corpsde siège et à maintenir les tribus dans le devoir.
Le colonel Daumas, directeur des affaires indigènes, pritpersonnellement le commandement d’une de ces colonnes,dont la mission spéciale était d’occuper Bou-Saada et de conte-nir les populations au sud de la province d’Alger . Il devaitopérer au milieu des tribus et sur le territoire du cercle de