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Tome premier.
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BOMARSUND .

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environ de la place, et demain, au point du jour, ledébarquement commencera. Il est probable que ce dé-barquement ne sera pas inquiété, ou du moins très fai-blement, car l’ennemi n’est pas en force pour cela(c’est à peine si l’on compte deux mille hommes dansles différents forts).

Le seul moment périlleux sera probablement celuide l’établissement des batteries, car, une fois cette opé-ration terminée, l’ennemi ne saurait tenir longtemps, etil est possible qu’il n’attende pas l’assaut.

Oh! chère compagne, au moment du danger comme,dans tous les instants de ma vie, ma pensée sera toutà toi. La sainte Vierge me protégera, j’en ai la fermeconfiance; mais, s’il plaisait à Dieu d’en décider autre-ment, mon dernier soupir sera pour toi, que j’aime detoutes les forces de mon âme. Que mon souvenir net’abandonne jamais, consacre ta vie tout entière àl’éducation de nos chères fillettes, parle-leur souventd’un père qui les aimait tendrement et qui eût été heu-reux de les voir grandir sous ses yeux, d’être leur ami,leur soutien, Élève-les dans des goûts simples, mais necrains pas de faire quelques sacrifices pour compléterune solide et brillante éducation. N’oublie pas cepen-dant que des filles ne doivent jamais quitter leur mère,qu’elles aillent dans le monde le plus tard possible.Pour trouver la force de supporter ton malheur, penseque je veille sur vous, et qu’un jour Dieu nous réunira.

Adieu donc, mon amie; adieu, mes chères enfants;,à vous ma vie, à vous ma dernière pensée!