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Tome premier.
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260 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.

A la même.

Nora-Finly, mardi, 9 août.

Le débarquement a eu lieu hier ; commencé à deuxheures du matin, il était terminé à cinq heures etdemie. J’étais à terre avec mon deuxième bataillon àquatre heures et demie. Pas un coup de fusil n’a ététiré, pas un ennemi n’a été aperçu. Mille Anglais etdeux mille hommes d’infanterie de marine, sous lesordres du général anglais Johnes, débarquaient au nordde la presqu’île dont Bomarsund occupe la pointe, pen-dant que les troupes françaises débarquaient sur deuxpoints, sud et sud-ouest. Le terrain est tellement cou-vert de broussailles et de bois, au point où nous avonsabordé, que nous avons eu quelque peine à nous formeret à nous reconnaître; si l’ennemi nous avait inquiétésen ce moment, nous eussions éprouvé des pertescruelles, mais lui-même courait risque d’être tournéet pris, car, comme je te l’ai dit, Bomarsund est à lapointe d’une presqu’île, et les Anglais en occupaient lagorge de très bonne heure. Le général Baragueÿ-d’Hilliers m’a envoyé en avant avec mon deuxièmebataillon pour reconnaître la route et la déblayer desabatis et des obstacles dont elle était couverte. Messapeurs ont eu fort à travailler; mais, comme nousn’étions pas inquiétés, cela marchait rondement, et àneuf heures du matin j’étais en vue et à trois kilomètres