264 CORRESPONDANCE Dü GÉNÉRAL DUCROT.
certainement tourné l’ennemi s’il avait tenté une sortie.
Il n’en fit rien, la fusillade était le fait de nos troupesqui tiraient les unes sur les autres. Je me reliais, par madroite, à deux compagnies de chasseurs à pied quiétaient venues me rejoindre le soir. Je l’avais bienexpliqué au capitaine du 2 e léger qui avait pris la placede mes voltigeurs du premier bataillon ; mais sans doutelui-même ne l’avait pas expliqué suffisamment à seshommes, de sorte que ces malheureux avaient tiré surles chasseurs, lesquels avaient riposté, de là grandeconfusion ; enfin tout s’est calmé, Dieu merci! et le mala été moins grand qu’on ne pouvait le craindre.
Un officier et une douzaine de chasseurs ont étéblessés, soit par le feu de leurs camarades, soit par lefeu de l’ennemi, qui, réveillé en sursaut, a tiré plusieurscoups de canon et de fusil dans la direction où il voyaittirer. Quand tout a été calmé, je suis rentré au camp àtrois heures du matin, horriblement fatigué, mais en-chanté de ma journée. En deux nuits, deux batteriesont été complètement armées et terminées ; ce matin,dimanche, à trois heures, elles ouvraient leur feu.L’ennemi a d’abord riposté très vigoureusement, puisson feu s’est un peu ralenti ; de gros morceaux de blocsde granit commencèrent alors à se détacher des mu-railles, et plusieurs bombes tombèrent sur la tour. Jus-qu’à présent, nous n’avons que deux pièces légèrementendommagées et quelques hommes blessés.
Lundi 14 août. — Hier, à quatre heures et demie, lagarnison de la tour hissait le pavillon blanc et deman-