208 CORRESPONDANCE DU GÉNÉRAL DUCROT.
de le démolir, et l’on devra dépenser pour cela bien destonneaux de poudre.
Je crois que nous ne serons pas prêts à nous rembar-quer avant une quinzaine de jours.
.Nos longues journées se passent maintenant sans
occupation, sans préoccupations. Nos hommes à tourde rôle sont commandés pour les travaux qu’exigent lerembarquement du matériel, l’enlèvement de tous lesapprovisionnements accumulés dans la citadelle deBomarsund et mille autres détails.
Il paraît que je suis proposé pour officier de la Légiond’honneur; c’est tout ce que vaut la mince besogne quej’ai pu faire. Le général Baraguey-d’IIilliers disait augénéral d’Hugues qui lui demandait ce qu’il fallait fairepour moi : « Ducrot, je l’aime comme mon fils; je vou-drais en faire demain un général de brigade ; mais, avecses sept mois de grade, c’est bien difficile. »
Hier, nous avons changé l’emplacement de notrecamp ; notre village de Finly commençait à être infect,et d’ailleurs, comme nous avons tous les jours des cor-vées qui travaillent au fort, il était indispensable des’en rapprocher. Nous sommes donc établis au pied dela tour sud, à l’endroit même où a été établie la pre-mière batterie de 16 .
La tour fume encore. Je ne sais si je t’ai dit que l’en-nemi y avait mis le feu avec des bombes, quelques